Tchad: état d’urgence prolongé, pas d’élections législatives et communales en 2019, c’est la faute des pluies

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Au Tchad, l’Assemblée nationale, « illégale et illégitime » depuis 2015, a adopté, ce mardi 10 septembre, la prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 10 janvier 2020 (4 mois) dans les trois provinces, Ouaddaï et Sila dans l’est et Tibesti dans le nord du pays.

Autrement dit, selon les autorités tchadiennes, un mois n’a pas suffi aux forces armées pour désarmer les populations qui s’affrontent régulièrement.

La raison avancée par les députés « godillots » du MPS pour justifier la prolongation de l’état d’urgence dans l’extrême-nord et à l’est du pays durant quatre mois supplémentaires, c’est la saison pluivieuse qui rend impraticables les routes dans le Tibesti, le Sila et le Ouaddaï.

Photo: Tchadinfos

Dans un tel contexte, le gouvernement tchadien considère que les élections législatives, qui auraient dû avoir lieu depuis 2015, devront de nouveau être repoussées.

C’est la position que défend le ministre tchadien de la Justice, Garde des Sceaux et chargé des Droits humains. « La restauration de la paix est plus importante. Pour organiser des élections libres et transparentes, il faut qu’il y ait la paix et la quiétude au sein de la population. Tant qu’il y a des conflits intercommunautaires, des morts partout, il est très difficile d’organiser une élection libre et transparente« , a déclaré Djimet Arabi à la Deutsche Welle.

Le Député de l’opposition Saleh Kebzabo pense qu’il y a un agenda caché derrière cet état d’urgence. Pour lui, un état d’urgence est un état d’exception bien commode car il autorise une restriction des libertés fondamentales. « Je suis contre l’état d’urgence. L’état d’urgence dans un pays libre est une situation de non droit, une situation de violation, une situation d’insécurité. Depuis trente ans que Déby est au pouvoir, on nous a dit à plusieurs reprises qu’on a récupéré des armes, ou qu’on a rendu des armes, alors que nous savons parfaitement que dans certaines régions et en particulier dans celles qui sont en cause aujourd’hui, les armes sont pratiquement irrécupérables. Nous ne sommes pas en guerre. Si on était en guerre contre un autre pays, ou contre une coalition de pays, je comprendrais qu’on demande une mobilisation générale des Tchadiens et qu’il y ait un état d’urgence », a-t-il déclaré à la Deutsche Welle.

Les populations se disent victimes d’exactions de la part des forces armées qui, sous le prétexte de contrôles, dépouilleraient les villageois.

Des motos saisies dans le Sila et le Ouaddaï.

Khalid Daoud Mahamat Saleh, chargé des programmes à la Convention tchadienne pour la Défense des droits de l’homme rapporte que « dans le Ouaddaï et le Sila, le gouvernement a commencé par saisir les motos. Alors que dans cette partie du Tchad, 50 à 60 % des activités se font avec ces motos. En plus, au nom de l’état d’urgence, les militaires et les gendarmes se présentent dans les villages et quand ils rentrent, ils ramassent tout : les bijoux, les objets, les téléphones et quand vous résistez, on vous dit que vous avez une arme, on vous frappe, on vous ligote et on vous envoie en prison. »

Les motos confisquées, les populations font leurs activités à pied.

Le journal N’Djaména Hebdo a révélé que les forces de sécurité déployées pour assurer l’état d’urgence et procéder à des fouilles d’armes se livrent souvent à des exactions entraînant de très graves violations des droits de l’homme. « Au moment des fouilles des cases, des villageois qui sont tenus loin de leurs habitations et interdits d’y entrer sous le prétexte de chercher des armes, les force de l’ordre se livrent à des pillages systématiques des biens des villageois : argent, bijoux, or, montres, téléphones portables ainsi que tous les autres bien précieux y compris les motos stationnées à l’intérieur des habitations. Tous les villageois ayant constaté les pertes de leurs biens après les fouilles et qui osent les réclamer sont systématiquement accusés d’avoir caché des armes et emprisonnés, certains conduits à la prison de Koro Toro », informe-t-il.

TchadConvergence avec la Deutsche Welle

2 thoughts on “Tchad: état d’urgence prolongé, pas d’élections législatives et communales en 2019, c’est la faute des pluies

  1. Le militaire Tchadiens Mais que vo rien Je Violence Elle criminalité tout ça ça veut dire quoi au lieu de chasse ce qui vous intéresse dans votre pays vous avez organisé sur le mode criminalité dans le pays ennemis rien fait depuis à 1960 Aujourd’hui les pays été dernier n’en avait rien à tous les années le P1 organisation du réveillon qui ne vaut rien dans le paysLe gouvernement International raciste des pays était le gouvernement est le plus réveillant

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