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Août 27

Disparition forcée des militaires au Tchad: on comprend maintenant pourquoi le Président Idriss Déby a filé… à Wour aussitôt après son retour de Paris

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Soldats retrouvés à Faya-largeauAu Tchad, l’inquiétude demeure vive au sujet des militaires disparus en avril au lendemain de l’élection présidentielle. Parce qu’ils n’avaient pas voté Idriss Déby, une soixantaine de militaires et policiers ont été arrêtés, mis au silence. 49 d’entre eux ont été envoyés dans l’extrême nord du pays, à Wour. Le ministre français de la Défense était intervenu en avril auprès d’Idriss Déby. Une enquête a été diligentée par le parquet tchadien sur 5 cas seulement. Ces 5 militaires ont été montrés vivants à la télévision et le procureur a classé sans suite le dossier des disparus. Plusieurs témoignages pourtant attestent de mauvais traitements, sévices, notamment à Wour. Le dossier des disparus n’est pas clos.

Après le 10 avril, 64 militaires ont disparu : 49 ont été déportés à Wour dans le Tibesti et là, ils ont été torturés, décharges électriques, privations etc. Ramenés à Ndjamena, plusieurs souffrent de séquelles et vivent sur une double pression : leur hiérarchie et l’Agence nationale de sécurité.

Selon nos informations, trois militaires se cachent dans Ndjamena. Deux ont fui au Cameroun, dont le fils de l’ancien Premier ministre, Djmirangar Danadji. L’un des militaires atteste des tortures à Wour. « On a vraiment souffert. On a été vraiment torturés. Ils nous ont vraiment torturés de façon qu’on ne pouvait pas… Il y a des corps même qui ont été repêchés dans le fleuve », se souvient-il.

Très inquiétant est le sort d’une dizaine de militaires, dont on est sans nouvelles. Des associations tchadiennes de droits de l’homme, associées à Amnesty International ont saisi le groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées.

Selon des sources fiables, la disparition des militaires inquiète toujours Paris et selon les mêmes sources, la question était sur la table lors de la dernière rencontre entre les Présidents François Hollande et Idriss Déby. C’est pourquoi Idriss Déby s’était rendu à Wour aussitôt après son retour de Paris. Selon nos militants dans le Tibesti, les responsables militaires de la région ont passé un très très mauvais moment avec le commandant en chef des forces armées tchadiennes. « On pouvait faire cuire un œuf sur le visage du despote tchadien », selon un responsable civile de la région. A son retour du Tibesti, le Procureur de la République près le tribunal de Grande Instance de N’Djamena, Abdoulgassin Khamis a classé sans suite le dossier de militaires disparus.

TchadConvergence avec RFI

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