Tchad: les affrontements intercommunautaires se poursuivent encore dans l’est du pays malgré l’intervention du ministre de la Sécurité

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Malgré l’intervention des autorités et l’arrestation d’une trentaine de suspects, les affrontements entre éleveurs de tribus arabes et agriculteurs autochtones ouaddaïens qui ont fait au moins 31 morts depuis jeudi 16 mai dans l’est du Tchad se poursuivent. Dimanche et lundi 20 mai, les violences se sont déplacées de la province du Ouaddaï au Sila, plus au sud.

Dans la province de Sila, au moins dix-neuf personnes sont mortes et plusieurs ont été blessées entre dimanche et lundi matin dans les villages d’Amchaloka et d’Amsabarna, a indiqué à l’AFP une autorité provinciale.  Une source hospitalière de la province a fait état d’un bilan plus élevé à l’AFP – vingt et un morts et vingt-neuf blessés – dans ces « violences qui opposent les Ouaddaïens et les Arabes ».

C’est à Amchaloka et Amsabarna, deux villages situés à quelques dizaines de kilomètres des précédents théâtres d’affrontements que paysans et éleveurs ont livré bataille dimanche dans la nuit puis lundi matin. Des cavaliers ont mené des raids, tirant à l’arme automatique sur des villageois qui ont riposté.

On évoque entre 19 et 21 morts et plusieurs dizaines de blessés. Ce qui porte à une trentaine le nombre de personnes tuées en quatre jours de conflits dans cette zone de l’est du Tchad.

On a appris lundi que les suspects interpellés et confiés à la justice dimanche après les affrontements qui ont ensanglanté la sous-préfecture de Marfa au sud d’Abéché ont été transportés au bagne de Koro-Toro, une prison de haute sécurité située en plein désert tchadien.

La résurgence des affrontements au lendemain du passage du ministre de l’Administration du territoire et de la Sécurité publique démontre la profondeur de la crise dans cette région frontalière avec le Soudan.

L’est du pays est en proie à des conflits communautaires récurrents entre agriculteurs autochtones ouaddaïens et éleveurs membres de tribus arabes. Mi-février, le Président Idriss Déby avait dénoncé « un grave problème » intercommunautaire dans l’est, lors d’une visite dans la région.

TchadConvergence avec l’AFP et RFI

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