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Après le rappel à l’ordre de la France, le dictateur tchadien Idriss Déby s’exécute et annonce des élections législatives en 2018

Au Tchad, lors de ses vœux, dimanche 31 décembre, le président Idriss Déby Itno a précisé l’agenda électoral et annoncé la tenue d’élections législatives en cette année 2018. Elles étaient attendues et avaient été repoussées plusieurs fois depuis juin 2015. Du côté du parti au pouvoir, on s’en réjouit. Quant à l’opposition, qui réclamait la tenue de ces élections, elle n’est pas rassurée pour autant.

Dans un discours retransmis dimanche soir à la télévision, Idriss Déby Itno a annoncé la tenue d’élections législatives en 2018, scrutin que l’on attendait initialement pour 2015. Une loi constitutionnelle avait cependant prolongé la troisième législature, invoquant un manque de moyens. Le président avait ensuite annoncé qu’elles n’auraient pas lieu avant 2019.

« C’est une bonne chose pour la politique du pays, se réjouit Mahamat Zen Bada Abbas, le secrétaire général du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir. Le Tchad est maintenant en mesure d’organiser des élections législatives qui pourront se dérouler dans de très bonnes conditions parce que les Tchadiens sont en sécurité et en paix. En ce qui nous concerne au niveau du MPS, nous sommes prêts car en effet, un parti politique est prêt à tout moment pour une campagne pour des élections. »

Les craintes de l’opposition
De son côté, l’opposition qui juge illégitime l’actuel Parlement, réclamait la tenue de ces élections législatives. Cependant, après l’annonce du président, elle n’est pas rassurée pour autant.

Joint par RFI, Mahamat Ahmad Alhabo, coordinateur du Front de l’opposition nouvelle pour l’alternance et le changement (Fonac), fait part de ses craintes. « Cela va faire bientôt trois ans que cette Assemblée fonctionne dans l’illégalité et l’illégitimité totale. Donc annoncer l’organisation des élections législatives, c’est une bonne chose, mais nous sommes aussi obligés de constater qu’il a fallu que la France interpelle M. Déby et le gouvernement en place pour leur dire d’organiser des élections législatives dans les meilleurs délais. Par conséquent, c’est un peu décevant parce qu’on ne fait pas la démocratie pour les autres, on la fait pour soi-même », souligne-t-il.

A la question de savoir s’il est confiant dans la manière dont pourront se dérouler les élections, le coordinateur du Fonac est catégorique : « Absolument pas parce que depuis que le système en place est aux commandes, toutes les élections sont très mal organisées. Il y a eu des manipulations assez graves, des votes multiples, des fraudes massives et ainsi de suite, pointe Mahamat Ahmat Alhabo. Nous allons donc exiger cette fois-ci qu’au moins une fois dans la vie, au Tchad, on organise au moins des élections libres, démocratiques et transparentes. »

Un forum national pour rassembler « toutes les forces vives »
Dans son discours de fin d’année, Idriss Déby a également annoncé un futur forum national inclusif. Un forum qui doit, selon les mots du président, rassembler « toutes les forces vives du Tchad afin de disséquer et d’examiner dans les menus détails les différents axes » des réformes à venir.

Un forum que le secrétaire général du MPS juge nécessaire
« Ce forum est nécessaire parce que la réforme des institutions de l’Etat est un des points dans le programme du président de la République de 2016, et la réforme des institutions est un des points essentiels pour la suite des événements », selon Mahamat Zen Bada Abbas, secrétaire général du MPS.

Pour le Fonac, en revanche, ce forum ne correspond pas aux exigences d’un vrai dialogue. Pas question donc d’y participer.
« Tout ce que nous avons demandé a été balayé d’un revers de la main. Nous avons donc dit que nous n’étions pas intéressés pour participer à un forum inclusif, dont l’objet principal est de donner deux nouveaux mandats à M. Déby. Tout le reste n’est qu’habillage », a déclaré Mahamat Ahmat Alhabo, coordinateur du Fonac.

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