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Les ressortissants du B.E.T. accusent le régime d’utiliser le siège et la famine comme arme de guerre à Miski, dans l’extrême-nord du Tchad

Le régime tchadien est accusé d’utiliser le siège et la famine comme une arme de guerre, ce qui est considéré comme un crime contre l’humanité

Nous,
Ressortissants du Borkou-Ennedi-Tibesti (B.E.T), réunis au sein de plusieurs regroupements d’organisations de la société civile tchadienne et de la Diaspora en Europe, Amérique, Afrique de l’ouest, Maghreb et en Libye,

Sommes profondément inquiets devant l’escalade militaire et l’aggravation de la situation humanitaire dans la région aurifère de Miski, dans l’extrême-nord du Tchad, où les 2 400 habitants civils sont assiégés depuis plus de trois mois et soumis à des bombardements intensifs par les forces armées du régime tchadien.

En effet, le 24 octobre 2018, après un siège de plus de 60 jours, le président Idriss Déby a envoyé l’armée à Miski suite à une contestation du dernier découpage administratif du Tchad par les populations concernées de Miski et Yebbibou qui y voyaient un « morcellement du Tibesti à dessein pour l’exploitation des ressources aurifères de la région par des entreprises familiales sans aucun cadre légal de l’État ».

Après des violents combats entre les forces armées tchadiennes et des populations civiles de la zone organisées en « comité d’auto-défense de Miski » pendant une vingtaine de jours, le gouvernement tchadien a décidé de  couper toutes  les voies d’approvisionnement qui reliaient la localité de Miski au reste du Borkou-Ennedi-Tibesti.

« Tous les axes autour de Miski et Yebbibou sont soit minés, soit tenus par l’armée », a déclaré à l’agence française de presse (AFP), Molly Sougui, porte-parole du comité d’auto-défense de Miski.

Contactés par plusieurs associations humanitaires, les habitants de Miski ont déploré le manque cruel de vivres et de médicaments pour soigner les innombrables blessés, mêlé aux tirs d’artillerie et aux frappes aériennes.

Selon des sources concordantes à Faya-Largeau, capitale du Grand Nord, le gouverneur du Borkou aurait interdit aux commerçants et aux transporteurs d’acheminer des produits alimentaires vers le Tibesti.

Cette stratégie de « siège » a été confirmée à l’AFP par une  source militaire tchadienne.

En imposant des sièges à des zones d’habitations des civils (femmes, enfants, personnes âgées, …)  afin d’affaiblir la capacité de résistance des hommes du comité d’auto-défense de Miski, en se servant de la faim comme d’une arme de guerre et bloquant ou restreignant arbitrairement l’accès aux produits de première nécessité, en contraignant à vivre dans des conditions très dures ou en forçant à des déplacements massifs, en empêchant également les organisations humanitaires d’entrer dans les zones assiégées, le gouvernement tchadien adopte une stratégie qui s’apparente à des crimes contre l’humanité.

Nous condamnons fermement  l’escalade constante de la violence dans cette paisible région et l’utilisation du siège et de la famine comme méthode de guerre utilisée par l’armée. Et nous exhortons l’ONU et le Tchad à ouvrir urgemment une enquête indépendante au sujet des graves exactions commises sur les populations civiles de la zone aurifère de Miski.

Tout en affirmant notre solidarité avec les populations de Miski qui défendent la terre de leurs ancêtres, nous interpellons tous les leaders politiques et de la société civile du Tchad, les chefs traditionnels et coutumiers pour qu’ils prennent toutes leurs responsabilités afin d’interférer auprès de Monsieur Idriss Déby pour mettre un terme à ces massacres barbares car il y va de la paix et de la sécurité dans notre pays. Ils doivent aussi lui faire comprendre que les ressources minières et pétrolières du Tchad ne doivent pas continuellement servir à enrichir sa famille et ses proches.

Nous attirons aussi l’attention de la communauté nationale et internationale sur les conséquences d’un embrasement généralisé de la zone du Borkou-Ennedi-Tibesti et d’une éventuelle déstabilisation de cette région du Sahara.

Et enfin, nous appelons les organisations humanitaires nationales et internationales, Human Rights Watch, le CICR, Médecins sans frontière,…  à se mobiliser pour venir en aide aux populations civiles assiégées et affamés depuis plus de trois mois et aux nombreux blessés.

Fait à Paris, le 21 novembre 2018
Pour les organisations de la société civile du B.E.T,
Le Comité des cadres

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