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Grève du secteur public reconduite, appel à une journée « ville morte », écoles et hôpitaux fermés, … le Tchad, un pays à l’arrêt

Les syndicats tchadiens ont annoncé samedi la reconduction de la grève générale dans le secteur public et la plateforme FONAC des partis politiques d’opposition a appelé à une journée “ville morte” le 12 mars.

“Nous avons décidé de poursuivre la grève jusqu‘à satisfaction totale de toutes nos revendications”, a déclaré Michel Barka, président de l’Union des syndicats tchadiens, à la tribune de la Bourse du travail, dans le centre-ville de N’Djamena.

Cette décision a été prise après une réunion de la plateforme syndicale tenue après une rencontre jeudi avec le président tchadien Idriss Déby Itno.

Le président tchadien avait alors demandé aux syndicats de “renouer le dialogue pour mettre un terme à la grève qui paralyse les secteurs vitaux”, avait indiqué une source syndicale à l’AFP.

En janvier, l’État avait acté une coupe dans les salaires des fonctionnaires, enclenchant un important mouvement de grogne sociale. Le secteur public est en grève depuis cinq semaines.

De leur côté, les partis d’opposition du Front de l’opposition nouvelle pour l’Alternance et le changement (Fonac) ont lancé samedi un appel pour une journée “ville morte” le 12 février pour dire “non, mille fois non à la politique anti-sociale d’Idriss Déby”, a déclaré à l’AFP le porte-parole du Parti pour les libertés et le développement et coordonnateur du Fonac, Mahamat-Ahmad Alhabo.

Le Fonac, plateforme de partis d’opposition regroupant notamment l’UNDR de Saleh Kebzabo – arrivé second à la présidentielle de 2016 -, accuse le président Déby de “traquer, arrêter, torturer, et faire disparaître tout Tchadien qui s’oppose à la politique calamiteuse de son chef”.

Depuis fin janvier, tout le secteur public tchadien est en grève. D’abord mobilisés contre un projet de loi de réduction des salaires des fonctionnaires – finalement abandonné par le gouvernement -, les mouvements sociaux ont repris quand les fonctionnaires se sont rendus compte de coupes effectives dans leurs salaires, à la fin janvier.

Les appels à marcher contre la coupe des salaires se sont multipliés, mais les manifestations ont été interdites par les autorités.

Cette tension sociale généralisée, soutenue par l’opposition, a pris des allures de fronde contre le Président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 1990. Près de 40% de la population au Tchad – qui compte 14 millions d’habitants – vit sous le seuil de pauvreté.

TchadConvergence avec AFP

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