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Emmanuel Macron mise sur l’alliance avec le Niger pour l’après-Barkhane

La reconfiguration de l’engagement militaire français au Sahel commencera « dès les prochaines semaines » a déclaré le 9 juillet le président français Emmanuel Macron à l’issue de discussions avec les dirigeants du G5 Sahel.

Après l’annonce mi-juin de la transformation de l’opération Barkhane, les partenaires de la France au Sahel étaient impatients de connaître les modalités de cette réorganisation. Lors du Sommet virtuel du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), ce vendredi 9 juillet, Emmanuel Macron a présenté les contours. Il s’est aussi entretenu en tête-à-tête avec le président du Niger, Mohamed Bazoum, qu’il recevait à l’Élysée. Côte à côte lors d’une conférence de presse, les deux hommes ont multiplié les mots d’amitiés l’un pour l’autre. Emmanuel Macron a salué l’élection «exemplaire» de son homologue. «Vous avez réussi la première transition démocratique», a-t-il souligné. Dans une région en crise où sévissent les groupes terroristes, d’al-Qaida à Daech en passant par Boko Haram, le Niger est en passe de devenir le nouveau pivot de la France.

Le retrait du Nord Mali

La France va réduire ses emprises militaires au nord du Mali, de façon « progressive », mais assez rapide. Kidal, Tessalit, Tombouctou vont ainsi être « dégraffées », selon la terminologie officielle. « Ces fermetures s’étaleront sur le second semestre 2021 et seront achevés d’ici le début de l’année 2022 ». Le terrain devrait être laissé aux Casques bleus de la MINUSMA et aux forces maliennes.

Une réduction du format des troupes

A terme, il y aura entre 2 500 et 3 000 soldats sur place (à comparer à plus de 5 100 aujourd’hui) qui seront moins éparpillées sur le terrain, mais concentrées sur quelques points essentiels : Niamey (Niger) et Gao et Ménaka (Mali), auxquels il faut ajouter la base historique dans la région : Base aérienne 172 Camp Kossei à N’Djaména (Tchad).

Relocaliser le commandement au Niger

Le commandement central de la Task Force Takuba et le commandement de la coordination entre Takuba et les dispositifs des forces conjointes du G5 Sahel déménage. Actuellement à Gao et N’Djamena, ils vont être relocalisés à Niamey. Avec les forces aériennes, le pôle Niamey va être « très fortement musclé » confirme le président Macron. La France reste « engagée au Sahel ». Même si elle « n’a pas vocation, encore moins la volonté, de rester engagée éternellement au Sahel » affirme Emmanuel Macron.

Un îlot démocratique

Avec le Tchad et un Mali dirigés vers des gouvernements militaires de transition issus d’un coup de force ou d’un coup d’État, et par conséquent instables, le Niger demeure un îlot démocratique et stable. Même s’il reste fragile et sujet à des raids terroristes. Il est donc plus facile de s’y engager pour la plupart des pays européens. Il peut permettre ainsi un déploiement d’avions de soutien ou d’officiers au quartier général sans approbation formelle du parlement pour les pays soumis à cette procédure.

Une coopération militaire déjà entamée par plusieurs pays européens

Au plan militaire, les Italiens, comme les Allemands ou les Belges ont déjà entamé des coopérations bilatérales avec l’armée nigérienne. Ajouté à cela la présence américaine, en fait, tout milite aujourd’hui pour faire du Niger le centre de l’activité militaire européenne.

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