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Au Tchad, le président d’un parti politique et une vingtaine de militaires dont quatre officiers ont rejoint la rébellion armée FACT en Libye

(N’Djaména, 29 novembre 2017) – Le président national du Rassemblement Patriotique du Renouveau (RPR), Mahamat Barh Bechir Kindji et une vingtaine de militaires de l’armée tchadienne dont quatre officiers ont rejoint le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT), un mouvement rebelle basée dans le sud de la Libye.

Selon une vidéo (voir ci-dessous) publiée sur Facebook par les représentants du FACT en France, une vingtaine de militaires tchadiens « aguerris » dont quatre officiers supérieurs ont fait défection avec armes et bagages et ont rejoint les rangs des forces rebelles du FACT. Il s’agit de:

  • Colonel Adoum Souleymane ;
  • Colonel Abdoulaye Moussa;
  • Colonel Mahamat Ali Adam;
  • Colonel Ali Mahmoud Mahamat.

Le leader du parti RPR, Mahamat Barh Bechir Kindji est un militant très actif au sein de l’opposition tchadienne. Il est membre du Front de l’Opposition Nouvelle pour l’Alternance et le Changement (FONAC), une coalition de partis politiques de l’opposition dirigée par Dr Mahamat-Ahmad Alhabo. « Face à l’impasse, j’ai décidé à mon âme et conscience de rejoindre la seule alternative capable de faire partir Déby, le FACT, pour libérer notre peuple après 27 années de pouvoir de Déby », a déclaré le président du RPR après avoir rejoint les rebelles du FACT.

Le jeune Mahamat Barh Bechir Kindji est un farouche opposant au régime du dictateur Idriss Déby. Il n’y a qu’à lire ses communiqués de presse et écouter ses discours pour se rendre compte de sa force de conviction.

 


Le leader du parti RPR était dans toutes les manifestations contre le pouvoir au Tchad. Ainsi, en novembre 2016, il a bravé avec une trentaine de jeunes militants les matraques et le gaz lacrymogène des sbires du régime pour rejoindre le lieu de rendez-vous d’une marche pacifique vers le stade municipal d’Abena dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena, après un appel du Député Saleh Kebzabo, à l’époque coordonnateur du FONAC. Mais au Tchad, sous le régime dictatorial d’Idriss Déby, seul le MPS, parti au pouvoir, peut organiser des manifestations publiques sans autorisation préalable. Mahamat Barh Bechir et onze de ses camarades ont été arrêtés et détenus pendant plusieurs jours à la sinistre prison d’Am-Sinéné à N’Djaména.

Hier seulement, le concert citoyen du mouvement « Iyina », à l’occasion du 59e anniversaire de la Proclamation de la République du Tchad, au Centre Don Bosco, et ayant pour thème « investir dans la jeunesse, c’est construire une République », a été interdit. Les jeunes qui voulait chanter et danser ont été dispersés brutalement à coup de gaz lacrymogène.

« L’heure est grave », a déclaré Kemba Ddidah Alain, porte-parole du mouvement citoyen « Iyina ».

Pourtant, deux jours auparavant, une grande manifestation anti-américaine organisée par des organisations de propagande du régime réunies au sein de la coalition «Touche Pas A Mes Acquis», a été autorisée par le pouvoir tchadien ce dimanche 26 novembre à N’Djamena.

Le militant Mahamat Barh Bechir Kindji fait partie de cette nouvelle génération d’opposants pour qui l’alternance politique au Tchad est un objectif clair et non un discours creux, un tremplin pour aller manger la nuit dans la main de l’homme qui tient notre pays d’une main de fer depuis plus de 27 ans. Certainement, il a été déçu par la passivité grandissante d’une autre génération d’opposants au crépuscule de leurs carrières politiques, mais qui continuent à s’accrocher, plus de 20 ans après, ils sont toujours à la tête de leurs partis, car le despote est généreux pour entretenir le faire-semblant.

Dans des telles conditions, que reste-il d’autres aux Tchadiens que de reprendre encore les armes, quand toutes les voies pacifiques de la lutte politique sont verrouillées, quand les jeunes n’ont même pas le droit de chanter et danser à l’occasion d’une fête nationale, et quand pour ses opinions, on est traqué du matin au soir, à la maison, au travail, sur la route, … quand on est pas tout simplement abattu comme une bête sauvage ?

TchadConvergence

 

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