A Malabo, aucune charge contre l’opposant Andrés Esono: le dictateur Teodoro Obiang s’est-il moqué de son compère Idriss Déby ?

Soulagé mais « préoccupé », l’opposant équato-guinéen Andrés Esono Ondo arrêté le 11 avril au Tchad et libéré mercredi, est arrivé à Malabo jeudi où il a retrouvé sa famille et les militants de son parti, a constaté un journaliste de l’AFP.

« J’ai été détenu pendant 13 jours. J’étais très anxieux et préoccupé que l’on me rapatrie ici clandestinement », a déclaré à l’AFP M. Esono Ondo à son domicile.

Le 11 avril, le secrétaire général de Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), l’un des principaux partis d’opposition en Guinée équatoriale, a été arrêté au Tchad alors qu’il se rendait au congrès d’un parti d’opposition tchadien. Peu après son arrivée au Tchad, Malabo l’a accusé d’avoir eu pour « unique objectif l’acquisition d’armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d’Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger ».

Le dictateur Teodoro Obiang s’est-il moqué de son compère Idriss Déby en voulant utiliser le Tchad pour régler des comptes à ses opposants ?

Mais, une fois arrivée à Malabo, aucune accusation contre Andrés Esono. Ce dernier affirme que « faute de preuves envoyées par Malabo, les autorités tchadiennes ont décidé de le libérer ». Contactées par l’AFP, les autorités tchadiennes n’ont pas souhaité donner les raisons de sa libération. Le dictateur Teodoro Obiang s’est-il moqué de son compère tchadien Idriss Déby en voulant utiliser notre pays pour régler des comptes à ses opposants ? Au côté de sa famille, l’opposant raconte: « J’ai perdu des kilo, je suis rentré sans ma valise, sans mon ordinateur et mon téléphone, je ne sais pas où tout cela se trouve ».

Cliquez pour écouter le leader de la CPDS, Andrés Esono sur la Deutsche Welle.

« Le régime a peur de faire face à une vraie opposition », a déclaré l’opposant équato-guinéen, accusant Malabo « de monter de fausses accusations contre ses citoyens à l’étranger pour qu’ils soient emprisonnés ».

Le régime de Teodoro Obiang Nguema, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d’atteintes aux droits de l’Homme par ses opposants et des organisations internationales.

TchadConvergence avec AFP

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