A Bangui, un pro-russe prend la tête du gouvernement inclusif: la RCA est-elle entrain de sortir du pré carré français ?

Le Président centrafricain Faustin Archange Touadera et le Président russe Vladimir Poutine à Sotchi.

(Bangui, 26 février 2019) – Firmin Ngrebada, actuel directeur de Cabinet du président de la République est nommé Premier ministre à l’issu d’un décret lu lundi soir à la radio Centrafrique.

Conformément aux dispositions de l’article 21 de l’accord de Khartoum signé à Bangui le 6 février dernier, le président s’est engagé à mettre en place un gouvernement inclusif. Trois jours après la démission du gouvernement Sarandji 2, le futur locataire de la primature vient d’être connu.

Un proche de Moscou à la Primature

D’aucuns lui attribuent aussi l’orientation vers la Russie du gouvernement de Bangui. C’est du moins ce que révèle l’homme politique centrafricain, Me Timoléon Kokongo, Secrétaire Général du parti Alliance pour la Démocratie et le Progrès.

« Ngrebada effectivement est l’homme du rapprochement avec la Russie. C’est logique. Vous savez que la gestion des affaires au quotidien, c’est le premier ministre. Déjà, on a pu éjecter de l’Assemblée nationale Karim Meckassoua, parce que s’il était resté, il n’y aurait jamais eu l’accord de ratification de défense avec la Russie. Vous voyez donc que les relations bilatérales avec la Russie au plan militaire sont déjà nouées. Maintenant, un homme qui est favorable à la Russie, occupe la Primature puis le Chef de l’Etat lui-même (pro-russe) à la Présidence, du coup, ce sont les trois reines du pouvoir politique qui sont captés par la Russie. Je trouve que la RCA est peut-être en train de sortir du pré-carré français ».

Firmin Ngrebada, homme de main de Faustin Archange Touadera, pièce maîtresse dans le rapprochement entre la Centrafrique et la Fédération de la Russie est présenté ces derniers jours comme homme de consensus, même parmi les groupes armés.

Le nouveau Premier ministre, inspecteur d’Etat, était le chef de délégation qui a conduit l’équipe gouvernementale à Khartoum pour pouvoir mener des négociations avec les 14 groupes armés afin d’obtenir l’accord historique signé pour la première fois par les principaux chefs rebelles centrafricains.

Au sein des groupes armés, ce choix est accueilli avec beaucoup de réserve. Pour avoir perdu la Primature, les leaders des groupes armés espèrent désormais avoir une forte représentativité au sein du gouvernement conformément à l’Accord de paix de Khartoum.

TchadConvergence avec dw.com et africandailyvoice.com

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