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Tchad: le Secrétaire d’État américain Tillerson arrive ce lundi matin dans une « ville morte », où les écoles et les hôpitaux sont fermés depuis deux mois

Le secrétaire d’État américain poursuit sa tournée africaine ce lundi 12 mars. Il est attendu ce lundi matin à N’Djamena, la capitale du Tchad, une « ville morte ». Une étape dominée par les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson arrive dans un pays en pleine crise sociale, alors que les relations entre les deux pays se sont tendues dernièrement à cause de deux différends : l’inscription du Tchad sur la liste des pays dont les ressortissants ne peuvent plus entrer aux États-Unis, mais aussi l’implication du président Idriss Déby dans une affaire de corruption. Mais à N’Djamena, on explique que les relations sont au beau fixe entre les deux pays.

Ce jour-là, 12 mars 2018, commerces et administrations devraient être fermés si l’appel à la « ville morte » lancé par l’opposition, les syndicats et la société civile est suivi. Les services américains très au point l’auront sans doute prévenu qu’il arrive dans un pays où, depuis bientôt deux mois, tout est à l’arrêt en raison d’un manque de dialogue entre travailleurs et gouvernement. Ils l’informeront aussi qu’il arrive dans un pays qui s’apprête à organiser un Forum pour reformer ses institutions afin d’adopter une nouvelle constitution qui permettra à l’homme qui tient le Tchad d’une main de fer depuis 28 ans de pouvoir rempiler encore au moins pour 14 ans.

Mais, si on s’en tient au contenu de son discours de ce mardi 6 mars à l’Université Georges Mason de Washington, l’ancien PDG de Exxon-Mobil vient pour parler sécurité et lutte contre le terrorisme au Tchad qu’il a cité plusieurs fois dans son speech. Mais selon les spécialistes du Terrorisme, c’est l’absence de démocratie et de liberté qui favorise l’émergence du terrorisme.

Cependant, le chef de la diplomatie américaine est revenu plusieurs fois sur les projets et la vision de l’Amérique pour l’Afrique. Un continent d’avenir pour qui l’Amérique rêve, selon Tillerson d’un accès à l’électricité, d’un passage de la pauvreté à la prospérité, d’une sécurité, condition sine qua non d’un développement accru, de plus de transparence dans les affaires « nous espérons que la Chine nous rejoindra dans cette dynamique » et de l’émergence d’une presse libre et des moyens de communications ouvertes. En somme, « nous voulons aider l’Afrique à prendre soins de ses populations », a conclut Rex Tillerson.

« Il n’y a aucun contentieux entre les deux pays », assure le ministre tchadien des Affaires étrangères. Chérif Mahamat Zene explique que le différend sur l’inclusion du Tchad sur la liste des pays dont les ressortissants ne peuvent plus voyager aux États-Unis est en passe d’être résolu.

L’administration américaine a déjà annoncé que la question était déjà à l’étude, avant même l’arrivée du secrétaire d’Etat américain à N’Djamena. « Des discussions à ce sujet sont en cours et nous avons espoir que le Tchad ne figurera plus sur cette liste dans peu de temps », assure le chef de la diplomatie tchadienne.

Affaire de corruption
Autre sujet qui fâche, le président Idriss Deby a été mis en cause dans une affaire de corruption aux Etats-Unis. L’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Gadio, et un responsable d’une ONG basée à Hong Kong sont entre les mains de la justice américaine depuis quatre mois. Ils sont accusés d’avoir corrompu de hauts responsables africains, dont Idriss Déby, l’hôte de Rex Tillerson à N’Djamena.

Le numéro un tchadien aurait reçu un pot-de-vin de 2 millions de dollars en échange de droits pétroliers accordés à une entreprise chinoise. Des accusations qu’il a rejetées. Le chef de la diplomatie tchadienne balaie tout ça du revers de la main. « Le gouvernement tchadien n’a rien à voir là-dedans », selon lui. Il souligne par ailleurs que le président Déby n’est pas cité à comparaître.

Chérif Mahamat Zene se réjouit donc de la visite du secrétaire d’État américain. Il estime que le choix de l’étape tchadienne est une reconnaissance de leur coopération stratégique dans la lutte contre le terrorisme et du rôle militaire de tout premier plan joué par son pays dans la région.

TchadConvergence avec RFI et lepaystchad.com

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