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Le Tchad du dictateur Idriss Déby reste un « État voyou » malgré la visite de Rex Tillerson

Le Secrétaire d’État américain, Rex Tillerson est arrivé ce lundi 12 mars au Tchad, avant-dernière étape d’une tournée en Afrique avec des escales au Kenya, en Éthiopie, à Djibouti et au Nigeria.

En recevant le Chef de la diplomatie américaine au Palais rose, le dictateur tchadien, Idriss Déby, avait espéré que la visite du secrétaire d’État, Rex Tillerson, serait l’occasion de mettre fin à l’épisode du « Travel Ban » et des accusations de corruption par la justice américaine. En effet, en échange d’un pot-de-vin de deux millions de dollars, l’homme, qui tient le Tchad d’une main de fer depuis 28 ans, aurait offert à une entreprise chinoise des droits pétroliers dans notre pays sans passer par un appel d’offres international. L’ancien ministre sénégalais Cheikh Tidiane Gadio aurait joué un rôle central dans cette affaire.

« Le placement du Tchad dans cette liste était une injustice faite au Tchad », a déclaré le ministre tchadien des Affaires étrangères Mahamat Zene Cherif. Il a dit que Déby avait « exprimé son incompréhension » à Tillerson au sujet des restrictions.

En septembre dernier, un décret migratoire signé par le Président Donald Trump a placé le Tchad sur la liste des « États voyous » dont les ressortissants sont indésirables aux États-Unis du fait que les autorités de N’Djaména n’étaient pas capables de fournir aux responsables américains de la sécurité intérieure des échantillons récents des passeports et à «partager de manière adéquate les informations liées au terrorisme» avec les responsables américains.

À l’époque, le conseiller à la sécurité nationale de Trump, HR McMaster, avait déclaré que le Tchad pourrait être retiré de la liste noire «peut-être dans quelques mois». En décembre, une équipe américaine s’est rendue au Tchad pour travailler avec des responsables locaux. Et au cours des mois qui ont suivi, les États-Unis ont à plusieurs reprises loué les efforts du Tchad pour améliorer sa conformité aux exigences américaines, soulevant la question de savoir pourquoi il figure toujours sur la liste.

 Mais, malgré la visite de Tillerson – le plus haut fonctionnaire américain à avoir mis les pieds au Tchad – le pays d’Idriss Déby Itno restera un « État voyou », au moins pour l’instant.

Lors de sa brève visite à N’Djamena, la capitale tchadienne devenue «ville morte» ce 12 mars, en soutien à la grève générale des syndicats, M. Tillerson a déclaré qu’il souhaitait que les Tchadiens sachent « qu’ils sont les bienvenus aux États-Unis ». Il a déclaré que les restrictions de visas étaient nécessaires « à cause de tous les conflits qui existent aux frontières du Tchad ». C’est certainement une façon diplomatique pour dire au despote tchadien qu’il restera encore dans la ligne de mire US pour sa gestion patrimoniale du Tchad, les violations graves et quotidiennes des droits de l’homme et pour son comportement de pompier pyromane en Afrique.

M. Tillerson a déclaré à Idriss Déby que les États-Unis prépareraient un rapport sur les progrès accomplis par le Tchad pour répondre aux exigences de sécurité américaines, et que le Président Trump examinerait le rapport en avril. Il a félicité le Tchad pour « beaucoup, beaucoup de mesures positives importantes » à respecter. « Ces étapes vont nous permettre de commencer à normaliser la relation de voyage avec le Tchad », a déclaré Tillerson. Mais il a ajouté: « Nous devons attendre le rapport final ».

Officiellement, Rex Tillerson n’a pas abordé la question des droits de l’homme et du statu quo politique au Tchad avec Idriss Déby qui rêve d’un septennat sur fond de réforme de la Constitution. Pourtant, dans un rapport particulièrement accablant, l’Administration américaine avait dénoncé la marginalisation des droits humains, la corruption qui gangrène le gouvernement et le manque de transparence dans la vie démocratique. C’est plus sur ce terrain que Rex Tillerson était attendu par l’opinion publique tchadienne.

Selon le site du Palais rose, Idriss Déby a noté avec satisfaction l’assistance humanitaire d’un montant de 553 millions de dollars américains destinés au Soudan du Sud, à la Somalie et à la région du Lac Tchad pour lutter contre la pauvreté.

En octobre, le Département d’État a annoncé une promesse de 60 millions de dollars à une force de sécurité régionale nouvellement formée, le G5 Sahel. Les États-Unis ont également cherché à soutenir une autre campagne régionale, la Force multinationale mixte, qui comprend le Tchad, le Nigéria, le Bénin, le Cameroun et le Niger.

TchadConvergence avec The associated Press

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