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Tchad: le journaliste François Djekombé lance le parti « Union Sacrée pour la République »

Point de presse n°001/USPR/P/2018

Mesdames, Messieurs les journalistes,

Distingués invités,

L’honneur m’échoit de prendre la parole pour vous annoncer la naissance de notre formation politique dénommée ‘’Union sacrée pour la République, en abrégé USPR’’. La création de ce parti nourrie depuis 2013 a été freinée par des contraintes d’ordre professionnel. Nous avons dû reprendre les démarches en 2017. Le 15 janvier 2018, notre demande d’Autorisation de fonctionner a été enregistrée par le ministère de l’Administration du Territoire, de la Sécurité publique et de la Gouvernance locale sous le numéro 0207. Sept mois après le dépôt, soit le 17 août 2018, l’Union sacrée pour la République (USPR) a été légalisée comme Parti politique, Folio n°463. A noter que l’USPR est le 211ème parti politique légalisé à ce jour au Tchad, le 3ème parti politique à être légalisé cette année 2018 et également le premier parti à être légalisé sous la 4ème République. Je ne sais pas honnêtement si tout cela a un mérite particulier. Mais, bon, en termes de statistiques, ça peut vous intéresser.

Le 23 août courant, nous avons fait la demande d’insertion au Journal Officiel de la République, ce qui nous permet de lancer officiellement les activités du parti aujourd’hui.

L’union sacrée pour la République a ses représentants ou membres fondateurs dans 12 régions du Tchad dont N’Djamena ainsi que les provinces du Moyen Chari, du Mandoul, du Logone oriental, du Logone Occidental, de la Tandjilé, du Mayo-Kebbi Est, du Mayo-Kebbi Ouest, de Hadjer Lamis, du Batha, du Kanem, du Ouaddaï. Nous venons d’enregistrer d’autres membres dans les provinces du Borkou et du Lac. Les bureaux provinciaux de l’USPR seront installés dans les mois à venir et notre souci est de couvrir très rapidement toutes les 23 provinces du pays, déjà que nous couvrons plus de la moitié du pays.

L’Union sacrée pour la République est dirigée par un bureau exécutif national de neuf (09) membres que j’ai l’honneur de présider. Les autres membres du bureau sont :

(2) Vice-président : Ismail Ibini Souleymane Doukhane

(3) Secrétaire Général : Mbaidigsem Ndildoum Noel

(4) Secrétaire générale adjointe : Larkingam Amour

(5) Trésorier général : Nadjingar Toldé Rémy

(6) Trésorière générale adjointe : Larkos Sabine Mbaïwa

(7) Chargé de relations extérieures : Béchir Al-Habib Mahamat

(8) Présidente du Comité national des Femmes : Narbaye Halimé

(9) Président du Comité national des Jeunes : Dabi Pelé.

Le siège provisoire de l’USPR est situé au quartier Dembé 2, non loin de l’ancienne mairie du 7eme arrondissement de N’Djamena.

Voilà pour l’essentiel de l’information à mettre à votre disposition. Mais peut-on se réunir, parler politique et  occulter l’actualité du pays, même si l’objectif primordial pour cette première sortie est de porter à votre connaissance la naissance du parti ? La réponse est claire et nette, c’est non, ce serait faire une politique de l’autre qui enfouit sa tête dans le sable pour ignorer la réalité, ce qui peut sembler suicidaire. Personne n’est étranger à la situation chaotique et désastreuse que vit le peuple tchadien depuis plusieurs années. Cette situation, voulue, crée et entretenue par les libérateurs entre guillemets du 1er décembre 1990 obscurcit notre avenir et nous pousse dans notre dernier retranchement, d’où ce bonds politique nous espérons salutaire pour notre survie et celle de nos enfants. Quand je parle de nos enfants, je ne parle de nos propres enfants biologiques seulement, mais également de l’avenir des futures générations noirci par une politique obscurantiste au plus sommet de l’Etat. La conférence nationale souveraine de 1993 sensée apporter la paix et sceller la réconciliation entre Tchadiens a été vidée de sa substance par le régime. Aujourd’hui, les armes que nos ainés avaient brûlé au sortir de la CNS refont surface dans la partie septentrionale du pays et tout cela par la faute d’un seul homme, otage d’un système qu’il a créé, installé et entretenu et qui est devenu une gangrène, une espèce de cancer qui nous ronge à petits feux.

Face à la destruction programmée de la jeunesse tchadienne, à son infantilisation, nous n’avons pas d’autres choix que de prendre notre destin en main, en faisons ce choix politique.  Si nous ne luttons pas, personne ne le fera à notre place. Le pouvoir, on doit l’exercer au profit du peuple et non contre lui. Un pouvoir normal tire en général sa légitimité et sa légalité du peuple dont il en est l’émanation. Mais que de lamentations aujourd’hui dans les familles tchadiennes à tous les niveaux : une Administration publique paralysée depuis des mois, des écoles fermées, des élèves et étudiants mis en vacances forcées, des hôpitaux fermés etc. En parcourant la ville de N’Djamena, on aperçoit un peu partout des magasins et des immeubles portant des écriteaux : ‘’A louer’’, preuve que l’économie tourne mal, poussant les commerçants et autres hommes d’affaires qui n’en peuvent plus à déposer bilan et à fuir le pays. Dans leur prêche le jour de la fête de Tabaski, les Oulémas ont bien fait de crever l’abcès en disant cette vérité au président, que la brimade infligée à tous les fonctionnaires tchadiens a une répercussion certaine sur toutes les autres couches de la société. Payer le demi-salaire au fonctionnaire le 24 août n’est pas synonyme d’une bonne santé financière du pays, mais c’est avec le temps qu’il faudrait jauger. Aujourd’hui, aucune lueur d’espoir n’est possible avec le président Idriss Déby, malgré les agitations qui se font à gauche et à droite et qui donnent l’impression que tout va bien ou mieux. Notre raisonnement est simple. A un moment donné, l’économie tchadienne avait été asphyxiée par la dette de la Société de négoce suisse Glencore, Je ne vous apprends rien à ce niveau. Depuis le début de l’année, Glencore a suspendu le remboursement de sa dette et parallèlement, le prix du baril de pétrole qui avait atteint 30 dollars en 2017 remonte graduellement et se stabilise aujourd’hui autour de 80 dollars. Deux atouts majeurs pour permettre au gouvernement d’améliorer les conditions de vie des Tchadiens. Mais qu’est-ce qu’on constate ? Le gouvernement refuse de réduire son train de vie et le président s’efforce à démontrer par A+B, avec nombre décimal maladroitement choisi à l’appui que c’est la seule augmentation de salaire des fonctionnaires qui est à l’origine de la crise économique ou financière actuelle. Que les fonctionnaires ne représentent que 0,6% de la population tchadienne et donc qu’il ne faudrait pas leur faire la part belle au détriment d’autres Tchadiens. Mais le président oublie que c’est moins d’ 1% des habitants de la terre qui détiennent pourtant l’essentiel de la richesse mondiale. Cela veut dire qu’on n’a pas besoin d’avoir 50% de la population fonctionnaire pour pouvoir les respecter et les prendre en considération. Aujourd’hui, le salaire du fonctionnaire tchadien, quand il le gagne, va chez le boutiquier, chez le coiffeur, chez le maçon, chez le menuisier, chez la vendeuse de poisson, de viande, de mil, chez ses parents au village etc. et c’est cette masse salariale en circulation qui fait tourner l’économie nationale. En clair, faire recours aux nombres décimaux pour contourner les réalités du pays est une fuite en avant. Et le pire reste à venir, car si l’augmentation actuelle du prix de pétrole sur le marché international et le gel de remboursement de la dette de Glencore n’améliorent pas les conditions de vie, ce n’est pas en 2020, quand Glencore va reprendre le paiement OBLIGATOIRE de sa dette, que le miracle se produira.

L’Union sacrée pour la République exhorte le gouvernement tchadien à renouer le dialogue très rapidement avec les syndicats afin de sortir le pays du gouffre dans lequel il est plongé, disons-le, sciemment.

Comme vous le constatez avec ce ton, l’Union sacrée pour la République  a choisi son camp : l’opposition démocratique. Nous n’allons pas nous opposer pour nous opposer, nous serons une force de critique, mais aussi une force de propositions ou de suggestions. Nous savons aussi que rien ne sera facile en soi, mais nous voulons compter avec et sur  tout le monde : travailleurs, chômeurs, élèves, étudiants, paysans, cultivateurs, commerçants, retraités, militaires, policiers, gendarmes, Tchadiens d’ici et d’ailleurs, mais spécifiquement des compatriotes contraints à s’exiler et qui n’ont pour certains, aucune idée de remettre le pied un jour au Tchad, nous voulons dire à tout ce monde et à bien d’autres catégories, les oubliés et les marginalisés de la 4ème République que nous avons raison d’espérer. Aucun régime, si puissant soit-il n’est permanent et éternel. Les plus grands royaumes du monde ont connu leur apogée et se sont effondrés comme un château de cartes. Rien, absolument rien, sous le soleil ne peut indéfiniment résister à l’usure du temps. Le temps qui passe finit toujours par faire son œuvre. Mais ce n’est pas parce que ce temps fera son travail qu’il faut croiser les bras et contempler le cadran, il faut agir, se battre de toutes ses forces et toutes ses idées, espérer être témoin oculaire du changement, peu importe le temps que cela mettra.

Au-delà de tout, notre but ultime est donc de parvenir à abréger la souffrance de nos concitoyens en disant halte, de manière démocratique et républicaine à cette dérive à la laquelle on assiste et qui laisse souvent pantois tout le monde.  Cependant, nous ne perdons pas de vue que ce statut d’opposition n’est pas figé. Aucun parti politique digne de ce nom ne doit se plaire ou se complaire dans un statut d’opposition ou d’opposant éternel. Nous venons avec un projet de société et un programme à soumettre au verdict du peuple tchadien. Il lui reviendra le moment venu, d’opérer son choix ou ses choix, en toute connaissance de cause. Nous voulons dire à tous les Tchadiens que tout le monde à sa place au sein de l’Union sacrée pour la République : Tchadiens de l’intérieur comme de l’extérieur, toutes catégories confondues, chacun a une place et sa voix doit compter à l’USPR. Nous lançons un vibrant appel à la jeunesse tchadienne marginalisée et infantilisée par le régime du président Déby : l’USPR constitue pour vous, disons pour nous un excellent cadre d’expression pour porter votre voix, notre voix et montrer au pouvoir que la jeunesse est capable de beaucoup de choses, contrairement à ce que croit le régime. Car, lorsque le pouvoir parle de la jeunesse qui ose, de la jeunesse fer de lance etc. des termes absolument bidon,  il fait allusion uniquement à ‘’sa jeunesse à lui’’, capable d’être manœuvrée, orchestrée et instrumentalisée. Mais la jeunesse tchadienne n’est pas dupe. Chaque jeune a dans son crâne les 1200 g de cerveau qui lui permet d’appréhender les choses, de discerner le bien du mal, la vérité du mensonge, la réalité de l’erreur etc. Ces millions de jeunes qui trainent avec leurs diplômes en poche, ces milliers qui obtiennent leur Baccalauréat chaque année mais dont on ferme volontairement les portes des études supérieures tant espérées, ces jeunes qui, malgré leurs brillantes connaissance et intelligence passent des concours et des recrutements, mais ne sont jamais admis et leurs dossiers d’intégration n’ont jamais abouti, tous ces jeunes et bien d’autres oubliés de la 3ème ou de la 4ème République veulent entendre un autre discours, un autre son de cloche que celui qu’ils entendent depuis 28 ans. Nous autres étions en classe de 5ème en décembre 1990 lorsque M. Déby a pris le pouvoir. On aurait souhaité avoir, après 3 décennies un autre adversaire politique dans une démocratie normale que M. Déby, mais la gourmandise du pouvoir est telle que le pouvoir qu’il présentait de salutaire dans le tristement célèbre discours, je ne vous apporte ni or ni argent, mais la liberté se transforme au fil du temps en une monarchie ou dynastie bien coriace et la fin n’est pas pour demain si nous ne voulons pas nous mobiliser politiquement. De quoi le régime a peur en multipliant des lois et des ordonnances tous azimuts, depuis le début de l’année ? Subitement, le pouvoir s’est rendu compte que les lois sur les partis politiques étaient mal rédigées ! Bizarre non ! On fait passer de 21 à 30 l’âge minimum pour créer un parti politique au Tchad et de 35 à 45 ans l’âge minimum pour postuler à la présidence de la République. Tout cela ajouté à bien d’autres mesures non réfléchies prises souvent par un coup de tête montre plutôt une peur bleue qui anime le régime, face au potentiel que représentent les jeunes. En disant, il faut avoir 45 ans pour diriger le Tchad, cela veut dire que le bonhomme qui a 44 ans est considéré  comme immature, comme un bébé par le régime MPS, mais quelle insulte envers la jeunesse ? A quel âge Thomas Sankara avait pris le pouvoir en Haute Volta en 1983 ? Et le président Déby lui-même, à quel âge avait-il pris le pouvoir au Tchad en 1990 ? N’est-ce pas à 38 ans ? Emmanuel Macron devenu président d’une des cinq puissances mondiales à 38 ans est-il immature ? La plupart des héros et de grandes célébrités meurent même avant d’atteindre 40 ans : Jésus est mort et ressuscité selon la Bible à 33 ans, lorsque Mohammad fut âgé de 12 ans, son oncle Abou Tâlib décida de faire un voyage vers la Syrie.
Mohammad avait cultivé pendant son enfance et sa jeunesse un certain caractère et une force morale tout à fait différents des autres. Il avait de bonnes manières. Il était honnête et loyal. Aussi, les gens de Makkah l’appelait « Al-Amine » (le digne de confiance).

Diana Spencer ou Lady Diana, la princesse de Galles était morte à l’âge de 36 ans, la super star sud-africaine Brenda Fassie était morte à 36 ans, Martin Luther King, le grand pasteur noir américain était mort à 39 ans, Che Guevara était mort à 39 ans etc. etc. Cela veut dire que l’âge de la maturité, si pour certains jeunes, commence à 45 ans, pour d’autres, c’est assez précoce, mais normal et acceptable.

Autant de sujets polémiques dans cette quatrième République que s’il y a une bataille politique à mener, de celle de se battre pour amener le régime à annuler toutes les ordonnances liberticides de la 4ème République qui n’est république que de nom, puisque l’un des piliers de la République, c’est la laïcité, aujourd’hui sacrifiée sur l’autel du ‘’serment confessionnel’’. Nous aurons le temps de discuter amplement de toutes ces questions et bien d’autres encore.

Mesdames, messieurs les journalistes, distingués invités, ainsi prend fin ce point de presse. Nous vous donnons rendez-vous pour la deuxième activité de l’Union sacrée pour la République qui sera certainement sa rentrée politique dans les semaines à venir. A cette occasion, nous aurons l’opportunité, pendant au moins deux heures de temps, de répondre à toutes vos questions dans une conférence de presse. Je sais pertinemment que vous avez des dizaines de questions pour moi, je répondrai à toutes sans tabous, mais prenez votre mal en patience, comme on le dit dans votre jargon bien connu, mettez-les au frigo et on a parlera le moment venu.

Ensemble, formons une union sacrée autour et au sein de l’Union sacrée pour la République, le parti de la jeunesse et du peuple pour des victoires certaines et éclatantes.

Je vous remercie.

François Djékombé,

Président de l’Union sacrée pour la République

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