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Tchad: la IVe république sera-t-elle gouvernée par ordonnances et par « descentes inopinées » dans les services publics ?

Après une vingtaine d’ordonnances prises en deux mois, depuis le début de la IVe République, le Président Idriss Déby multiplie maintenant les « descentes inopinées » dans les services publiques. Celle de ce vendredi 17 août a surpris tous les collaborateurs du dictateur tchadien. Il a passé deux heures au bureau de la douane de Nguéli, localité frontalière avec la ville camerounaise de Kousseri.

Voici le récit de la direction de la communication du Palais rose:

« Idriss Déby sort  de son bureau et prend lui-même, le volant de sa voiture. Nous empruntons les avenues Mobutu, Pascal Yoadimandaji, le pont à Double Voie, faufilons entre mototaxis et voiture privée. Destination inconnue, arrêt entrepôts de la Douane de Nguéli. Sur place, personne ne s’y attendait. Le Président de la République surgit dans un bureau questionne les occupants, mets à la porte séance tenante, les faux-douaniers. Une cinquantaine est renvoyée par le Chef de l’État. Des femmes figurent parmi ces vrai-faux douaniers. Le Président de la République sermonne ceux qui ne serve pas l’État, mais se servent à satiété. J’ai de vos échos. Je ne suis pas venu ici en ballade de santé. Dans un bureau, le Chef de l’État questionne un responsable en ces termes. Combien des Douaniers avez-vous dans votre service 110 rétorque-t-il. Vous avez besoin de combien pour accomplir loyalement votre travail, 70 lui répond Djérambété Justin.  Séance tenante, le Président de la République se tourne vers le Directeur général de la Douane et lui demande de diminuer le nombre sous 24 heures. Sur place à Nguéli, Idriss Déby a mis deux heures pour inspecter les différents bureaux en constatant le travail qu’accomplissent les agents ».

Le Président surgit dans un bureau, questionne les occupants et met à la porte séance tenante, des douaniers. Une cinquantaine est renvoyée, dont des femmes. « J’ai de vos échos. Je ne suis pas venu ici en ballade de santé », a-t-il lancé.

Dans un bureau, il questionne un responsable :
« Combien de douaniers avez-vous dans votre service ? » ;
– 110, rétorque Djérambété Justin ;
« Vous avez besoin de combien d’agents pour accomplir loyalement votre travail ? »
– 70, lui répond le fonctionnaire.

Séance tenante, le président se tourne vers le directeur général de la douane et lui demande de diminuer le nombre d’agents sous 24 heures.

10 policiers, 70 gendarmes et 14 agents de l’ANS sommés de quitter les lieux
Dans ses visites des différents bureaux, Idriss Déby constate la présence des policiers, gendarmes et éléments de l’Agence nationale de sécurité. Ils sont au total 110 policiers, 70 gendarmes et 14 agents de l’ANS. « Ici c’est la douane. Votre place n’est pas ici. Quittez immédiatement les lieux », a-t-il déclaré.

Le Président se tourne ensuite vers les femmes accusées de trafic des marchandises entre Kousséri et N’Djaména. « Vous avez assez fait ! Le pays a perdu beaucoup d’argent à cause de vos pratiques malsaines. Quittez les locaux de la douane en 5 minutes ou je vous fais emprisonner toutes ».

Sur le chemin de retour, Déby s’immobilise au rond-point à double voie. Il fait arrêter tous ceux qui exercent au bureau national de fret (BNF). La police de la circulation routière qui n’était pas au courant de cette descente inopinée à Nguéli se rattrapera au retour du cortège présidentiel.

TchadConvergence avec Alwihdainfo

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