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Tchad: à Paris, Mahamat Idriss Déby poursuit le chantage à la sécurité au Sahel de son père pour obtenir l’aide de la France

La France et les pays du G5 Sahel se réunissent vendredi pour la première fois depuis que Paris a annoncé la réduction de sa présence militaire, et alors que Tchad et Mali doivent mener de délicates transitions politiques.

En effet, après plus de huit ans d’engagement massif, le président français Emmanuel Macron avait annoncé en juin la fin prochaine de l’opération Barkhane avec une revue à la baisse des effectifs (5.100 soldats actuellement), la fermeture de bases militaires et une réarticulation de la lutte antiterroriste autour d’une « alliance internationale » associant des pays européens.

Ce Vendredi 9 juillet, le sommet du G5 Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali, Burkina, Niger) pour préparer le désengagement militaire français se tiendra à distance, covid-19 oblige. Seul le président nigérien Mohamed Bazoum se trouvera à Paris. Selon un haut responsable au secrétariat du G5 Sahel, « la redéfinition de l’opération Barkhane » sera au cœur des débats.

En première ligne au Sahel, ainsi que sur les frontières libyenne et centrafricaine, le Tchad juge insuffisante l’aide qu’il perçoit de la France, qui a amorcé son retrait de la région, et surtout de l’Union européenne. A tel point que N’Djaména envisage de réduire son déploiement au Niger, dans le Liptako-Gourma, selon la Lettre du Continent.

Le message a été successivement passé à la ministre française des armées Florence Parly par son homologue tchadien, le général Daoud Yaya Brahim, en visite à Paris le 29 juin, puis par le président tchadien Mahamat Idriss Déby lui-même, reçu par Emmanuel Macron à l’Élysée le 5 juillet pour préparer le prochain sommet du G5 Sahel qui se tiendra en visio-conférence le 9 juillet. Au regard de son engagement, à la fois dans le G5 Sahel, mais également sur les frontières libyenne et centrafricaine, le nouveau leadership tchadien estime que son armée est insuffisamment soutenue, que ce soit en matériel, en financement ou en formation, par la France et l’Union européenne. Le contraste avec le Mali, récipiendaire de matériels et de financements importants de Bruxelles, est particulièrement mal vécu à N’Djamena, à tel point que les différents responsables tchadiens ont ouvertement évoqué avec leurs homologues français la possibilité de réduire l’ampleur de leur déploiement dans la région des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Déployé en février et partiellement financé par l’Union européenne, dont la Task Force Takuba est présente dans la même région, le contingent tchadien pourrait, selon les scénarios évoqués par les responsables tchadiens avec leurs homologues français, rapidement passer de 1 200 à 700 ou 800 hommes.

Un message reçu cinq sur cinq par Paris : quelques heures seulement après son entretien avec le président tchadien, Emmanuel Macron a annoncé “à échéance rapprochée une nouvelle aide budgétaire” au Tchad, ainsi qu’un appui à la renégociation de sa dette. Selon nos informations, le montant de cette aide devrait avoisiner les 15 millions d’euros. Une mission de la Direction générale du Trésor devrait se rendre à N’Djamena dans les prochaines semaines pour évaluer les besoins les plus pressants, et le décaissement devrait intervenir le mois suivant, sur la base des recommandations de la mission.

Cette première visite du président du Conseil militaire de transition Mahamat Idriss Déby à Paris a été qualifiée de « grande réussite » à N’Djamena.

TchadConvergence avec La lettre du continent

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