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Nov 15

Tchad: 40 jours après son arrestation, sans procès ni verdict, l’opposant Dinamou Daram croupit toujours dans la sinistre prison d’Am-Sinéné

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dinamou-daram(N’Djaména, 15 novembre 2016) – Communiqué du FONAC suite à l’arrestation de Dinamou Daram, Président du Parti Socialiste Sans Frontière (PSF).

Depuis le 5 octobre 2016, un de nos camarades et compagnons, Dinamou Daram, Président du Parti Socialiste Sans Frontière et membre fondateur du FONAC, croupit dans les sinistres geôles du pouvoir-MPS, sous un prétexte fallacieux. Politiquement et juridiquement, rien ne pourrait justifier cette arrestation arbitraire aux allures de coup de semonce adressé à l’opposition, et singulièrement au FONAC. Depuis le 26 juillet 2016, date de notre création, le pouvoir, par son bras politico-militaire, l’ANS, s’évertue à ourdir tous les complots possibles et imaginables contre nous.

De quoi s’agit-il ? Reprenant à son compte l’appel du FONAC invitant les populations à ne plus accepter de payer les taxes et amendes arbitraires systématiquement détournées, Dinamou Daram a déposé un communiqué à la radio FM Liberté qui a refusé de le diffuser. Curieusement, ce document s’est retrouvé entre les mains de l’ANS qui a organisé un gang pour le pourchasser, l’arrêter, le torturer et le livrer à la police nationale. Celle-ci a pris le relai, instruite par le Procureur de la République qui a ordonné une enquête pour « incitation à la violence », qui sera requalifié ensuite en « incitation à la révolte ». Détenu pendant 5 jours à la police judiciaire, il a été ensuite placé sous mandat de dépôt et emprisonné à Am-Sinéné, comme un vulgaire voyou.

Nous contestons cette procédure biaisée qui est un déni du droit, car personne ne peut démontrer une atteinte quelconque au droit, et encore moins un appel à la violence ou à la révolte, dans la mesure où les éléments constitutifs de cette accusation ne sont pas réunis. En d’autres termes, il n’y a pas de délit, parce que le communiqué incriminé n’a pas été diffusé.

Tout cela se résume dans une intention qui, en notre connaissance, n’est pas encore un crime ou un délit en droit tchadien. Comment notre ami peut-il donc être arrêté dans ces conditions ? Nous sommes véritablement dans un État de non droit où l’appareil judiciaire est instrumentalisé pour faire taire toute l’opposition et l’empêcher d’user de son droit absolu de s’exprimer en toutes circonstances.

La spécificité d’un homme politique, c’est sa faculté, reconnue par la Loi, d’intervenir à tout moment sur les problèmes de la cité. En d’autres termes, il jouit de la liberté d’opinion, plus que les autres citoyens qui attendent d’ailleurs ses prises de position.

C’est cela que le pouvoir MPS veut nous refuser, pour imposer le silence absolu à tous les hommes politiques. Non, nous ne nous tairons pas. Cette liberté, chèrement acquise, nous en userons sans en abuser et nous nous battrons de toutes nos forces pour que cette dictature rampante ne prospère pas. Et elle ne prospèrera jamais !

 

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