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Que mijote le Président Idriss Déby avec le Maréchal Khalifa Haftar contre les rebelles tchadiens dans le sud de la Libye ?

(N’Djaména, 18 octobre 2018) – Le Président Idriss Déby a reçu en audience pendant deux heures le Maréchal Khalifa Haftar, son allié libyen, ce mardi soir à N’Djamena pour la deuxième fois en moins de deux mois, sans qu’aucun contenu de leur échange ne filtre. Curieusement, l’article publié sur le site de la Présidence tchadienne à propos de cette audience vient d’être supprimé ce mercredi. Et du coup, la rencontre, qui était officielle mardi, devient officieuse mercredi ! Il y a surement anguille sous roche. 

Ce même mardi matin, le dictateur tchadien a reçu une délégation soudanaise, conduite par le ministre des Affaires étrangères soudanais M. Al Dirdiri Mohamed Ahmed.

Le Chef de la diplomatie soudanaise reçu par le Président Déby.

L’envoyé spécial du Président Oumar El-Béchir a transmis un message à son homologue du Tchad. La délégation soudanaise est arrivée à N’Djaména après une visite à Bangui.

Idriss Déby va recevoir ce jeudi 18 octobre, le Conseiller spécial du Président égyptien, Chérif Ismaïl, qui a échangé sur « sur la lutte contre le terrorisme dans le bassin du Lac-Tchad et dans le Sahel », ce mercredi après-midi,  avec le Ministre des Affaires étrangères, Chérif Mahamat Zène.

Le Conseiller spécial du Président égyptien, Chérif Ismaïl reçu par Chérif Mahamat Zène.

L’objet de cette visite n’a pas été précisé. L’Égypte est un acteur clé dans le règlement de la crise libyenne, et soutient le maréchal Khalifa Haftar en Libye.

Et tout ça, une semaine après la visite de la ministre française des Armées au Tchad. Florence Parly a été reçue pendant deux heures au Palais rose à N’Djaména. La lutte anti-terroriste était au menu de la visite de la ministre française des Armées.

Le Maréchal Haftar, commandant en chef de l’autoproclamée armée nationale libyenne (ANL) dont la force combattante est composée essentiellement des mercenaires tchadiens et soudanais, soutient en Libye un gouvernement parallèle qui exerce son pouvoir dans l’est du pays et qui conteste l’autorité du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli (ouest).

Idriss Déby s’est plusieurs fois affiché comme étant proche de Khalifa Haftar.

Le sud libyen abrite plusieurs groupes rebelles tchadiens, dont certains d’entre eux accusent N’Djamena d’utiliser son allié libyen pour bombarder les rebellions aux portes du Tchad.

En août, l’un de ces groupes armés rebelles, le Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République (CCMSR), a lancé depuis la Libye une offensive sur la localité de Kouri Bougoudi, dans l’extrême-nord du Tchad, avant de repartir s’abriter dans le sud libyen.

Ce Mercredi 17 octobre 2018, l’homme qui tient le Tchad d’une main de fer depuis plus de 28 ans s’est rendu à Kaïga-Kindjiria dans le Lac comme s’il voulait assurer ses arrières à l’est du Tchad. Cette zone lacustre des trois frontières est située respectivement à 18 Kilomètres du Nigéria, 14 du Niger et 170 de Bol, chef-lieu de la province du Lac. Il avait à ses côtés pour la circonstance, le chef d’État-major général des Armées (CEMGA), 1er adjoint, le Général Hamada Youssouf Mahamat Itno. Au cours d’une grande réunion, le despote du Palais rose a donné des instructions fermes à ses chefs militaires de la zone contre les attaques régulières de Boko Haram dont la dernière ce mardi 9 octobre a été très meurtrière selon le site Tchadactuel: plus de 40 morts, des nombreux disparus et blessés. Au cours des combats, les soldats tchadiens ont été à court des munitions et les éléments de Boko Haram se seraient promenés au cœur du camp tchadien en achevant des blessés et des prisonniers.

Réunion de l’État-major à Kaïga-Kindjiria dans le Lac.

Selon des sources locales à Zouar dans le Tibesti, les forces armées qui étaient stationnées dans la zone aurifère et qui menaçaient d’entrer à Miski, ont été subitement allégées tandis que les postes d’Ounianga-Kébbir et de Gouro dans l’Ennedi seraient renforcés selon une information non encore confirmée.

Que mijote le despote tchadien avec son allié de circonstance Khalifa Haftar ? Une invasion militaire du sud de la Libye afin de nettoyer les milliers de rebelles tchadiens ?

Ce qui s’est le samedi 13 octobre à Maram dans le sud de la Libye est-il lié à cela ? En effet, des groupes armées composés de rebelles tchadiens et de « Toro-Boro » soudanais ont attaqué les forces sécuritaires de la ville composées essentiellement de Toubous libyens dans une affaire louche de prise d’otages libyens qui a mal tourné. Les affrontements ont fait quatre victimes Toubous. Des sources militaires citées par un quotidien libyen et rapportées par RFI indiquent que les quatre victimes faisaient partie de la brigade Khaled Ben Al-Walid, une force sécuritaire suppléante de l’armée nationale libyenne dirigée par le maréchal Khalifa Haftar.

Pendant ce temps, « nar mafi, almé mafi, gaz mafi, laptane mafi, école mafi, gourous mafi » au Tchad.

TchadConvergence avec AFP

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