Libye: après avoir enregistré d’énormes pertes dans la bataille de Tripoli, Khalifa Haftar se rend au Caire pour voir son parrain régional Al-Sissi

Le général renégat Khalifa Haftar, auto-proclamé chef de l’Armée Nationale Libyenne (ANL) est arrivé dimanche au Caire et a rencontré le despote égyptien Abdel Fattah El Sisi, connu pour être l’un de ses ardents soutiens.

Le porte-parole de la Présidence égyptienne Bassam Rida a déclaré que la réunion serait consacrée aux discussions sur les derniers développements en Libye.

Le porte-parole n’a toutefois pas donné plus de détails sur la réunion. Mais, les analystes disent que Haftar demanderait un soutien politique et militaire pour sa guerre contre Tripoli, ses forces ayant subi de nombreuses pertes au cours des neuf derniers jours.

Haftar s’est rendu en Russie ces derniers jours en visite non annoncée dans le cadre de sa campagne visant à apporter un soutien à ses opérations militaires à Tripoli.

Le rebelle Haftar voulait conquérir Tripoli

Pour le moment, il a surtout suscité l’union sacrée contre lui et mis en porte-à-faux ses alliés occidentaux. Depuis que le général renégat de la Cyrénaïque a été réhabilité par les chancelleries européennes, lui l’ancien paria moqué comme un « général d’opérette » qui n’a jamais gagné une seule bataille et qui n’a même pas réussi à contrôler totalement sa ville Benghazi, Khalifa Haftar s’est vu en grand pour conquérir Tripoli par la guerre. A l’évidence, Haftar, dopé par le soutien de ses parrains régionaux, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite et par l’extension spectaculaire de son emprise, se voyait assez puissant, au risque de sous-estimer les capacités de résistance d’un ennemi qu’il abhorre. Sans doute espérait-il, lui qui excelle à acheter l’allégeance douteuse de tribus, corrompre de groupes armés locaux pour conquérir le Fezzan (sud de la Libye) sans coup férir. Raté, Tripoli n’est pas le Fezzan. Depuis que le dictateur Oumar el-Béchir a été destitué, les « Toro-Boro », rebelles soudanais, mercenaires dans les rangs de forces de Hatar, n’ont plus la tête à la guerre en Libye. Ils pensent plutôt à comment regagner le Darfour pour se positionner dans le Soudan de demain.

Au cours des deux derniers jours, les milices de Haftar ont perdu des positions dans le sud de Tripoli et dans des camps vitaux comme Aziziya et Heera au profit des forces armées libyennes placées sous le commandement du Conseil présidentiel.

La Libye est traversée par un conflit entre les forces loyalistes et les milices de Haftar depuis une dizaine de jours, qui a coûte la vie à 121 personnes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a enregistré, entre le 4 avril, date du début de l’offensive lancée par Khalifa Haftar, et le 13 avril, 561 blessés. La plupart de morts et blessés sont des civils. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a, pour sa part, comptabilisé plus de 13 500 personnes déplacées.

Un habitant de Tripoli, originaire de Benghazi, fief de Haftar, s’effondre alors qu’il raconte à Maurine Mercier, correspondante de franceculture.fr : « Je revis cette même souffrance qu’en 2011, lorsqu’on m’a averti que les troupes de Khadafi s’avançaient en direction de ma ville d’origine, Benghazi, qui s’était libérée de son contrôle. Mes parents y résidaient. J’avais peur pour eux. Aujourd’hui, tous ces sentiments resurgissent alors que les troupes de Haftar tentent de s’emparer de la capitale. » Le vrai visage de Haftar, « un dictateur qui ne pense pas au pays, mais à lui », selon ce habitant Sa lutte contre le terrorisme ? « Ce sont des conneries ! À Benghazi, c’était une guerre civile et pas seulement une guerre contre les terroristes. Mes parents ont perdu leur maison, leurs livres ont brûlé. Les gens comme Haftar refusent tout dialogue ou toute opposition », a ajouté cet originaire de Benghazi.

Les forces du Gouvernement d’union nationale (GNA) basée à Tripoli ont abattu ce dimanche un avion de chasse, un MIG 23 de Khalifa Haftar, au sud de la capitale Tripoli.

Selon le porte-parole du Conseil présidentiel de Tripoli, Muhannad Yunis, il n’y aura pas de cessez-le-feu ou de négociations jusqu’à ce que les forces de Haftar se retirent sur leurs positions initiales.

Le chef du Conseil présidentiel libyen, Fayez Al-Sarraj, a ordonné pour que les soldats mineurs des forces de Khalifa Haftar capturés lors des combats que soient relâchés et a appelé leurs familles pour les ramener chez eux. « J’espérais que la conférence nationale libyenne se tiendra car il était prévu que les Libyens dialoguent et trouvent un moyen de sortir de la crise », a déclaré Al-Sarraj.

L’offensive de Khalifa Haftar pour s’emparer de la capitale Tripoli, fait voler en éclat le processus de paix que tentait péniblement de mettre en place l’ONU. La conférence réunissant toutes les parties au conflit devait se dérouler du 14 au 16 avril. En lieu et place, la guerre.

TchadConvergence

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