Le face-à-face entre Idriss Déby et une mère éplorée d’un des dix soldats tchadiens tués au Mali

Après les honneurs militaires rendus au Camp du 27, les 10 soldats du contingent tchadien de la MINUSMA ont été inhumés au cimetière militaire de Farcha, en présence de plusieurs délégations étrangères et du despote local.

C’est sous les cris de douleur des familles que les dix cercueils des soldats tués lors de l’attaque d’Aguelhok, au Mali, ont été exposés au cimetière militaire de Farcha à N’Djaména.

Avant l’inhumation des dix soldats, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de paix des Nations unies leur a rendu un dernier hommage.

« L’attaque du 20 janvier dernier est, à ce jour, la plus meurtrière, mais elle restera avant tout dans les mémoires en raison de l’héroïsme de ces soldats de la paix qui, alors qu’ils venaient d’arriver, il y a moins d’une semaine, ont tenu tête à 150 éléments extrémistes jusqu’à ce qu’ils prennent le dessus et les pourchassent hors de la localité d’Aguelhok », a, pour sa part, déclaré le secrétaire général adjoint aux opérations de paix des Nations unies, propos rapportés par RFI.

Ci-dessous la liste de 10 soldats tchadiens tués au nord du Mali le 20 janvier 2019, le plus jeune Hassaballah Souleymane Ousmane n’avait que 20 ans:

Nom et prénom Date de naissance Matricule
1 Tidjani Abdoulaye Siboro 01/01/1994 12 09 22 69
2 Mahamat Hery Ali 24/02/1989 16 11 00 31
3 Youssouf Ahmat Mougadam 01/01/1987 08 0079 38
4 Djouma Hamid Oumar 01/01/1980 20060168
5 Youhouna Delsia Dakmaissou 04/02/1993 16 04 35 84
6 Ahmat Djibrine Ali 01/01/1993 15060942
7 Abdramane Hello Abdallah 01/01/1998 17 05 04 05
8 Hassaballah Souleymane Ousmane 01/01/1998 17 05 15 16
9 Hamdane Barh Ahmat 01/01/1995 17051435
10 Hassane Hamit Mahamat 01/01/1999 18 04 20 20

Il y a actuellement 1.379 militaires et 17 policiers du Tchad qui servent au Mali sous le drapeau des Nations Unies.

D’août 2013 à janvier 2019, 61 soldats tchadiens ont perdu la vie au Mali. Le 20 janvier, il y a eu 10 morts et 25 blessés dont 7, dans un état grave, ont été évacués à Dakar. Le Tchad est le pays à avoir perdu le plus grand nombre d’hommes au combat sur les 11.850 soldats engagés au Mali.

A la fin des obsèques officielles, Idriss Déby a compati avec les familles des 10 jeunes tchadiens tombés à Aguelhoc en serrant les mains de quelques proches parents et des frères d’arme des militaires.

La photo ci-dessus d’une mère éplorée avec un regard plein de « j’accuse » a ému les internautes tchadiens qui ont laissé des commentaires divers et variés sur les réseaux sociaux malgré la censure d’internet au Tchad.

« Rien n’est plus triste à voir que le regard éploré de cette mère, malgré qu’elle se retrouve devant le Président, son visage est crispé et n’éprouve aucune joie », a écrit un internaute tchadien sur Twitter.

Depuis hier, l’image de cette mère en larmes devrait tourner en boucle dans la tête de l’homme qui tient le Tchad d’une main de fer depuis plus de 29 ans. Il devrait avoir beaucoup de remords après le carnage à Aguelhoc.

Engagés depuis janvier 2013 dans l’Adrar des Ifoghas, nord du mali, au plus près des terroristes, combien de temps encore les soldats tchadiens vont-ils continuer à faire le sacrifice ultime au service de la paix afin de stabiliser un pays dont ses propres soldats refusent d’aller dans le nord ? Leur bravoure au combat ne doit pas continuellement servir de prétexte pour qu’ils deviennent la chair à canon afin de perpétuer le pouvoir du pire dictateur du continent africain selon le magazine The Economist.

TchadConvergence


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