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La Banque Mondiale critique la gestion du pétrole au Tchad

Le Tchad n’a pas pu profiter de l’exploitation du pétrole pour diversifier son économie, selon un rapport publié récemment par la Banque mondiale, qui montre des voies pour sortir de la crise économique.

Le monde commémore ce 17 octobre la journée mondiale de la lutte contre la pauvreté. Au Tchad, plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté. Les projections de la Banque mondiale par rapport à la situation sont inquiétantes.

Pays exportateur du pétrole depuis 2003, le Tchad n’a pas encore pu améliorer sa situation économique et financière alors que la population misait sur l’exploitation de ce pétrole pour pouvoir échapper à la punition de la pauvreté. La chute du cours de baril du pétrole en 2014, associée au contexte sécuritaire peu enviable a plongé le pays dans une inquiétante crise multidimensionnelle.

Le PIB par habitant du Tchad est passé de 220,8 dollars en 2002 à 660,2 dollars en 2005, grâce au boom pétrolier du pays au début de XXIe siècle, ce qui a réduit le vaste écart de revenu initial avec la moyenne de l’Afrique subsaharienne.

Pourtant, avec le choc pétrolier de 2015, le pays est entré dans une profonde récession, aggravée encore par la crise sécuritaire sous-régionale. Pire, les recettes pétrolières étaient orientées vers les dépenses militaires et de sécurité, lesquels ont été multiplié par cinq entre 2005 et 2009, plutôt que d’alimenter des investissements productifs.

Selon le rapport, le Tchad semble avoir manqué de transformer les recettes pétrolières en une croissance durable par le biais de l’investissement dans les secteurs dotés d’un fort potentiel d’amélioration de la productivité à long terme.

Du fonctionnaire en passant par le commerçant jusqu’à la ménagère, la pauvreté se fait lire dans les yeux et les comportements. Selon la plupart des citoyens, « le Tchad est un pays riche mais ce sont les Tchadiens eux-mêmes qui enfoncent ce pays dans la pauvreté ». Mauvaise gouvernance, détournement des biens publics, impunité, corruption, ce sont entre autres les causes de cette pauvreté que les Tchadiens ne cessent de décrier.

Nombreux sont les enfants qui voient leur avenir sombrer à cause de la pauvreté criarde. Plus de la moitié des jeunes se retrouvent dans le chômage. Le taux de la malnutrition va crescendo. En 2018, le Programme des Nations Unies pour le Développement a classé le pays 50ème sur 52 pays d’Afrique selon l’indice de développement humain.

« Le pétrole a même rendu l’économie du Tchad moins compétitive et plus vulnérable aux chocs exogènes », indique le rapport, énumérant trois contraintes majeures à la croissance tchadienne, à savoir l’insécurité, la dépendance envers le pétrole et l’intervention sous-optimale de l’État.

Pour en sortir, la Banque mondiale a proposé une agenda axée sur trois entrées:
– Une politique budgétaire pour accroître la résilience;
– Un interface public-privé encourageant les concurrences;
– Et une diversification de l’économie pour améliorer la productivité durable.

TchadConvergence avec Xinhua et Tchadinfos

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