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Au Tchad, près de 500 milliards de FCFA de déficit budgétaire prévu pour 2018: le gouvernement redoute des manifestations sur fond d’émeutes de la faim

(N’Djaména, 8 décembre 2017) – Le déficit prévisionnel du budget général de l’État tchadien pour l’exercice 2018 sera de 496 milliards de francs CFA (890 millions de dollars), a annoncé jeudi la porte-parole du gouvernement, Madeleine Alingué.

Le projet de budget 2018, adopté en conseil des ministres, prévoit les ressources à 846 milliards de FCFA (1,5 milliard de dollars) et les dépenses à 1.343 milliards de FCFA (2,4 milliards de dollars).

Pour combler ce déficit prévisionnel, le gouvernement entend recourir à des appuis budgétaires des partenaires d’un montant de 111 milliards de FCFA (199 millions de dollars). Il compte également sur le décaissement attendu de la Facilité élargie des crédits du Fonds monétaire international d’un montant de 55 milliards de FCFA, le rééchelonnement attendu de la dette Glencore pour un montant de 234 milliards de FCFA et les opérations issues des titres publics à hauteur de 139 de milliards francs FCFA.

« Notre situation financière est difficile, la responsabilité et l’austérité sont de rigueur. Notre crédibilité, soutenabilité, solvabilité sont conditionnées par une réduction des dépenses et une mobilisation des ressources », a déclaré Mme Alingué.

Pour accroître la mobilisation des ressources fiscales, la porte-parole du gouvernement a précisé que les efforts continueront sur la modernisation du cadre général des réformes envisagées par le gouvernement, de l’administration fiscale et douanière, la mise en place d’un système d’information intégrée décisionnelle de gestion des finances, en passant par la réorganisation des régies financières.

S’agissant des dépenses, le gouvernement s’engage, avec le concours de la communauté internationale, à maintenir le niveau des dépenses prévues dans son plan national de développement 2017-2021, tout en privilégiant l’opérationnalisation de la structure en charge des achats de l’État, l’audit du patrimoine immobilier de l’État, la poursuite du contrôle des diplômes des agents civils de l’État.

Le lundi 16 octobre 2017, les retraités ont pris d’assaut la Caisse Nationale des Retraites du Tchad (CNRT) à N’Djamena pour exiger le paiement de leurs pensions avant d’être violemment dispersés par la police à l’aide de gaz lacrymogène. Les arriérés vont jusqu’à 10 mois de pensions pour certains cas.

« Si le paiement du salaire de décembre 2017 risque d’être un parcours du combattant, nous ne voyons pas comment le pays avec ce désordre financier pourra s’acquitter du paiement du moindre salaire dès l’année 2018 parce que le pays sera en ce moment livré à lui-même, a déclaré Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits Humains (CTDDH). A quelque chose malheur est bon et peut être que cette situation que nous avons laissée pourrir poussera le fonctionnaire sans salaire, le commerçant tchadien qui n’en est plus un, le paysan dans le dénuement, le retraité dans son calvaire à choisir de sortir mourir dans la rue pour réclamer un changement plutôt que de mourir de faim cloitrés dans sa maison », ajout-t-il.

Ce lundi, un regroupement de représentants de la société civile tchadienne a décidé de ne plus accepter les « interdictions systématiques” de “marche pacifique” et prévoit d’organiser prochainement une “manifestation citoyenne contre les mesures anti-sociales déjà prises par le pouvoir ”, a appris l’AFP auprès d’un de ces représentants.

Les maitres communautaires, qui représentent 76% du personnel enseignant au Tchad, sont en grève sèche et illimitée depuis ce mercredi 6 décembre 2017 sur l’ensemble du territoire national pour revendiquer le paiement d’arriérés de 41 mois de leurs subsides.

Le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) vient de donner un délai d’une semaine au gouvernement allant du mercredi 6 au mardi 12 décembre 2017 pour le versement de leurs primes des examens et concours de l’année scolaire 2016-2017 et celles d’encadrement des enseignants des écoles normales des instituteurs (ENI) ainsi que, la prise en charge des enseignants blessés lors de l’opération du recensement. Passé ce délai, le SET national se verra dans l’obligation d’appeler ses militantes et militants à observer une grève sur l’ensemble du territoire national.

TchadConvergence avec l’agence Xinhua

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