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Au Tchad, la junte militaire met en garde contre « toute ingérence extérieure »

(N’Djaména, 24 septembre 2021) – Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Chérif Mahamat Zene a mis en garde jeudi contre les ingérences extérieures, faisant référence aux paramilitaires russes opérant dans les pays voisins.

«Toute ingérence extérieure, d’où qu’elle vienne, pose un problème très sérieux pour la stabilité et la sécurité de mon pays», a déclaré jeudi 23 septembre le chef de la diplomatie du Tchad, Chérif Mahamat Zene, à propos de l’implication de la société privée Wagner en Afrique.

Tout sera mis «en œuvre pour que le Tchad soit protégé sur toute l’étendue de son territoire», a-t-il ajouté après avoir rappelé les attaques subies par son pays en avril et mai, lors d’un entretien avec l’AFP et le média Africa Confidential accordé en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

«Il y a des mercenaires russes présents en Libye, qui sont aussi présents en République centrafricaine. Nous avons des raisons de nous préoccuper de la présence de ces mercenaires parce que les assaillants qui ont attaqué le Tchad en avril et causé la mort de l’ancien président (Idriss Déby) ont été formés, encadrés par la société privée de sécurité Wagner», a-t-il déclaré.

À la question de savoir si le Tchad avait la preuve d’une pénétration de ces mercenaires russes dans son pays au printemps, le ministre a répondu par la négative.

«Le 30 mai, le Tchad a fait l’objet d’une attaque près de la frontière centrafricaine (…) appuyée certainement des Russes», a-t-il aussi rappelé. «Nous avons toutes les preuves de la présence de ces Russes au côté des forces centrafricaines et cela nous préoccupe», a insisté le ministre. Wagner a engagé son «personnel en Libye et en Centrafrique» et «il est évident qu’il y a des communications téléphoniques entre les deux entités. Ca nous en avons des preuves, les deux Wagner communiquent, ça c’est sûr», a-t-il dit.

Lors d’un discours préenregistré par vidéo devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président de transition tchadien, le Général Mahamat Idriss Déby, fils du président défunt, a réclamé jeudi une aide accrue pour les pays du Sahel faisant face à la montée en puissance de groupes djihadistes. «Tout en saluant les efforts fournis par les différentes forces intervenant au Sahel, le Tchad souligne l’impérieuse nécessité d’un soutien multiforme plus important tant aux forces conjointes (du G5 Sahel) qu’à leurs États membres individuellement pris», a-t-il dit.

À l’annonce de la mort du président Idriss Déby, son fils s’est arrogé les titres de président de la République et de chef suprême des armées. Il a promis des élections « libres et démocratiques » au terme d’une transition de 18 mois renouvelable. Sous la pression internationale, la junte a nommé un gouvernement civil début mai. La formation d’un Conseil national de transition (CNT) de 93 membres censé assumer le pouvoir législatif et rédiger une nouvelle Constitution, se fait toujours attendre. Et depuis un certain temps, plus personne ne parle du « dialogue national inclusif » annoncé par la junte militaire et qui devrait se tenir en novembre et décembre prochains, et la transition de 18 mois, elle-même, semble être figée au Tchad.

Avec l’AFP

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