Tchad: vives inquiétudes sur le sort de l’opposant équato-guinéen Andrés Esono, porté disparu après son arrestation à Mongo

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Au Tchad, cela fait douze jours que le secrétaire général du parti Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), premier parti d’opposition en Guinée équatoriale, Andrés Esono Ondo a été mis aux arrêts.

 Andrés Esono, 58 ans, a été enlevé par les sbires du régime tchadien le 11 avril alors qu’il participait au congrès de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) à Mongo, dans la province du Guéra, fief des caciques du MPS, parti au pouvoir au Tchad.

Douze jours après son enlèvement à Mongo par des éléments de la police nationale, aucune déclaration du gouvernement tchadien sur les raisons de cette détention, et selon des informations de RFI, la justice tchadienne n’a jusque-là pas été saisie du dossier. RFI a tenté de joindre le porte-parole de la police tchadienne, le ministre tchadien des Affaires étrangères et le ministre tchadien de la Sécurité publique, mais sans succès. On est sans aucune nouvelle de l’opposant équato-guinéen même si des diplomates occidentaux se sont inquiétés sur son sort, rien n’a filtré sur ce qui est arrivé à Andrés Esono.

Pendant ce temps, à Malabo, le ministre de la Sécurité extérieure équato-guinéen, Juan Antonio Bibang Nchuchuma, profite de ce silence de N’Djaména pour déclarer que le voyage d’Andrés Esono au Tchad avait « comme unique objectif, l’acquisition d’armes et de munitions, ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d’État en Guinée équatoriale ». Même après cette déclaration qui accuse notre pays d’être un haut lieu pour terrorisme, le régime d’Idriss Déby a gardé le silence. Ce qui en inquiète la CPDS et plusieurs mouvements de l’Internationale Socialiste.

Dans un communiqué publié ce lundi, la Convergence pour la démocratie sociale en Guinée équatoriale (CPDS) a exigé la libération immédiate ou le transfert judiciaire de son dirigeant, Andrés Esono, et a accusé le gouvernement du Tchad de « kidnapping institutionnel ».

« Les autorités de la République du Tchad ont laissé entendre qu’elles n’avaient aucune raison d’arrêter Andrés Esono et qu’elles le relâcheraient rapidement, mais cela n’a pas été le cas. Le CPDS accuse le gouvernement tchadien d’avoir enlevé son secrétaire général, une pratique terroriste impropre à un État normal », a déclaré la formation politique équato-guinéen. « Fait intéressant, ce sera le gouvernement de la Guinée équatoriale qui expliquera, dans une déclaration officielle publiée par le ministre de la Sécurité étrangère le 04/12/2019, qu’Andrés Esono est actuellement arrêté parce qu’il s’est rendu au Tchad pour acheter des armes, des munitions et pour recruter des mercenaires. objectif de commettre un coup d’État en Guinée équatoriale », souligne le communiqué du CPDS. « Cette déclaration confirme, selon nous, la connivence entre les gouvernements de la Guinée équatoriale et du Tchad pour kidnapper Andrés Esono », a ajouté le CPDS, principal parti d’opposition en Guinée équatoriale.

Andrés Esono est accusé d’avoir planifié un coup d’Etat contre le gouvernement du dictateur Teodoro Obiang Nguema, arrivé au pouvoir il y a près de 40 ans grâce à son propre coup d’Etat. Obiang avait fait la même accusation contre le parti d’opposition Citizens for Innovation (CI) dissous par la force en décembre 2017, lorsque ses dirigeants avaient été accusés de conspiration avec des Tchadiens pour renverser Obiang.

« Le régime qui gouverne la Guinée équatoriale prépare depuis des années des machinations dans le but obsessionnel d’associer le CPDS et son secrétaire général à des actions violentes imaginaires et à des coups d’État inventés », ont souligné des sources diplomatiques à Malabo.

TchadConvergence

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