Tchad: vers la fusion des mouvements rebelles CCMSR et la coalition UFR de Timan Erdimi ?

À l’issue d’une Assemblée générale qui s’est tenue le 6 décembre 2018, dans le sud de la Libye, Mahamat Egrey Hally et Kingabé Ogouzeïmi de Tapol, ont été désignés respectivement président et vice-président pour un mandat de 3 ans à la tête du Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République (CCMSR), groupe rebelle tchadien fondé en 2016 par Mahamat Hassane Boulmaye.

L’ancien ministre tchadien Michelot Yogogombaye, alias Kingabé Ogouzeïmi de Tapol était secrétaire général du CCMSR avant qu’il ne soit désigné vice-président lors d’une assemblée qu’il n’a pas assisté. Étant originaire de Bembaido dans le Logone occidental, sud du Tchad, Kingabé Ogouzeïmi de Tapol considère que c’est par tribalisme qu’il a été remplacé par Mahamat Egrey Hally à la tête du CCMSR, groupe constitué essentiellement des rebelles kredas originaires de Barh El Gazel, au nord-est du Tchad. Et Kingabé Ogouzeïmi de Tapol a décidé de claquer définitivement la porte du CCMSR et a dénoncé le « tribalisme » au sein de ce groupe rebelle

Mais qui est Mahamat Egrey Hally qui vient d’être désigné président lors d’un congrès du CCMSR ?

Mahamat Egrey Hally est un Kreda, originaire de la province du Barh El Gazel comme la plupart des combattants du CCMSR. Il était le bras droit de l’actuel leader de la coalition Union des Forces de la Résistance (UFR), Timan Erdimi, lorsque celui-ci était à la tête de l’usine d’égrenage de Pala de la Coton Tchad vers les années 80.

Mahamat Egrey Hally avait même rejoint son ancien patron à la rébellion dans le Darfour. Lorsque Timan Erdimi s’est réfugié à Doha, en 2009, Mahamat Egrey Hally a encore rejoint son ancien patron dans la capitale du Qatar.

Dans ce cas, pourquoi les rebelles du CCMSR ont désigné un fidèle partisan de Timan Erdimi à la tête de leur mouvement ?

Selon des sources concordantes, la désignation de Mahamat Egrey Hally à la tête du CCMSR a été décidée à N’Djaména à la suite d’un deal entre ceux qui tirent depuis la capitale tchadienne les ficelles du CCMSR et les partisans de Timan Erdimi qui sont actuellement dans le MPS. Le neveu d’Idriss Déby a toujours affirmé qu’une bonne partie des Zaghawa du régime sont ses partisans et qu’ils basculeront de son côté le moment venu. C’est un argument politique et hautement stratégique utilisé depuis au moins une dizaine d’années pour berner ses alliés et ses financeurs.

Mais, au fait, qu’en pense le Président Idriss Déby de toutes ces manœuvres sur son dos par des dignitaires du MPS ?

Pour le moment, l’homme qui tient le Tchad d’une main de fer depuis plus de 28 ans observe sans réagir et cherche surtout à s’armer avec des nouvelles armes sophistiquées qui peuvent combattre toutes seules les rebelles car les Zaghawa refusent de combattre pour son régime. C’était l’objet de son récent voyage en Israël.

Selon des rumeurs à N’Djaména, Timan Erdimi chercherait de son côté à renforcer sa base arrière dans le Darfour avec la complicité de certains rebelles soudanais. Ce qui permet à ses partisans Béris du régime de faire une campagne à N’Djaména pour déstabiliser la dictature, en criant sur tous les toits que les rebelles sont à 20 kilomètres d’Am-Djaress, le fief du despote du Palais rose. 

TchadConvergence

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