Tchad/Soudan: Idriss Déby reçoit en audience les chefs « Djandjawid » et « Toro-Boro » du Darfour

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Rivaux de longue date dans le Darfour, Muhammad Hamdan Daglo alias Hemidti, chef de la milice « Djandjawid », et Minni Arko Minnawi, chef des « Toro-Boros » du mouvement Armée de Libération du Soudan (ALS), se rencontrent à N’Djamena au Tchad, à l’invitation du Président Idriss Déby.

Pourvoyeur de mercenaires « Toro-Boro » zaghawa, l’ethnie du président tchadien, pour les forces de Khalifa Haftar en Libye, Minni Arko Minnawi est, ces derniers temps, sous le contrôle total de Déby. Installé au Palais rose, il donne tous les ordres à ses hommes engagés dans les troupes de Haftar sous l’œil attentif du dictateur tchadien.

Au Palais rose, on surveille ce qui se passe à Khartoum comme le lait au feu

Minni Arko Minnawi et Hemidti se serrent les mains au palais rose de N’Djaména.

Pour Idriss Déby, il fallait inventer une médiation en vue d’une réconciliation entre les « Toro-Boro » et les « Djandjawid » pour faire venir à N’Djaména Muhammad Hamdan Daglo, dit « Hemidti ». Cet ancien chef de guerre est celui qui a commandé la répression du 3 juin sur les civils qui campaient aux abords du QG de l’armée à Khartoum, comme il a appris à le faire au Darfour où il a été le bras armé du pouvoir soudanais dès 2003. Bilan de cette répression: 108 morts.

Après avoir reçu le 17 juin à N’Djaména, le président du Conseil militaire de la transition soudanais, Abdel-Fattah Al-Burhan, Idriss Déby cherche maintenant à se rassurer de la position de ce chef de guerre qui a tous ses proches à l’est du Tchad. Pour l’homme qui tient le Tchad d’une main de fer depuis près de trois décennies, le danger contre son régime ne pourra venir que de l’est.

« Hemidti », chef de milice sans éducation, futur président du Soudan ?

« Je suis content qu’ils aient découvert les Forces de réaction rapideQuand on parlait de ces milices et leurs atrocités au Darfour, personne ne nous écoutait. Mais maintenant que ces hommes sont dans la capitale, les gens voient ce qu’ils font. Ils tuent, ils tirent sur tout le monde. Et ils sont détestés », déclare un avocat de l’association des avocats du Darfour. Cet avocat s’inquiète notamment de la montée en puissance du général Hemidti, chef de milice sans aucune éducation militaire devenu aujourd’hui numéro deux du régime.

« La plupart des gens du Darfour ont peur d’Hemidti, déclare un militant darfouri. Il a commis tellement de crimes. Il a brûlé des villages, tué des gens, pillé. Maintenant qu’il fait partie du Conseil militaire de transition (CMT), les gens pensent qu’il va pouvoir continuer ce qu’il a entrepris, notamment la mainmise sur les terres. Il fait venir des gens de l’Ouest, du Tchad, du Niger, au Darfour. Ils se sont installés sur les terres des déplacés et des réfugiés. Et quand ces gens reviendront, ils ne pourront pas récupérer leur terre ».

« Les gens qu’il fait venir, il les recrute dans son armée pour les envoyer se battre au Yémen, poursuit-il. Et il se fait beaucoup d’argent en faisant cela. Je suis inquiet. Même si c’est quelqu’un qui n’a pas beaucoup d’éducation, il est très ambitieux. Les gens de sa tribu pensent déjà qu’ils vont diriger le pays. Je crains qu’un jour, il ne devienne président ».

TchadConvergence

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