Restitution du patrimoine africain : le Tchad, premier pays concerné avec 9 296 œuvres d’art recensées

Le rapport Sarr-Savoy remis le 23 novembre 2018 à Emmanuel Macron ouvre la possibilité pour plusieurs pays africains de se voir restitués une partie de leurs œuvres d’art, prises par la France et d’autres pays, pendant la colonisation. Un immense espoir pour certains pays d’enrichir leurs minces collections, comme le Tchad. Reportage au musée national à N’Djamena.

L’économiste Felwine Sarr et l’historienne de l’art Bénédicte Savoy estiment à 90 000 le nombre d’œuvres d’art, aujourd’hui conservées dans des musées européens, pouvant être restituées à leur pays d’origine. Avec  9 296 œuvres d’art recensées, le Tchad est le premier pays concerné par cette restitution, qui pourrait bénéficier au musée national tchadien.

Avec ses sept pavillons, du paléolitique aux traditions populaires, ce musée héberge quelques trésors de la culture tchadienne, comme la collection Toumaï. L’exposition-phare du musée compte avec la reproduction d’un crâne de Toumaï, découvert en 2001,
dans le désert de Djourab par une mission franco-tchadienne (l’original, âgé de 7 millions d’années, se trouve à la banque centrale de N’Djamena). Le directeur de cette institution, Philippe Adoum Gariam, souhaiterait présenter davantage d’œuvres, originales :

« Le retour des oeuvres d’art du Tchad, présentées dans les musées étrangers, sera très bien accueilli au Tchad. Cela pourrait susciter l’engouement des visiteurs mais aussi contribuer à changer la physionomie des collections permanentes », a déclaré Philippe Adoum Gariam, directeur du Musée national du Tchad.

Selon le rapport Sarr – Savoy, 9 296 œuvres d’art tchadiennes pourraient être restituées. Après le Tchad, les États qui pourraient voir le plus d’œuvres d’art revenir chez eux sont le Cameroun avec 7838 œuvres d’art, Madagascar (7781) et le Mali (6910).

« Je vous assure que les normes de conservation sont respectées. Le Musée national répond aux normes internationales d’hygrométrie par exemple », selon Philippe Adoum Gariam, directeur du Musée national du Tchad.

Entre le printemps 2019 et la fin 2022, la France devrait dresser un inventaire des biens concernés par le rapport Sarr-Savoy. Une fois restitués, ces biens pourraient doper, enfin, la fréquentation des établissements culturels africains, comme le musée national du Tchad.

Source: tv5monde

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