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Les vrais et les faux rebelles tchadiens n’arrivent toujours pas à accorder leurs violons à Doha au Qatar

A peine ouvert le 13 mars à Doha au Qatar, que se sont refermées illico presto, les négociations entre la junte au pouvoir au Tchad et les groupes politico-militaires devant déboucher sur le dialogue national inclusif prévu en mai prochain à N’Djaména. Officiellement, la suspension des travaux pour 72 heures serait à l’initiative des facilitateurs qataris afin de permettre aux groupes armés de se concerter. Mais, ces 72 heures n’ont pas suffi pour aplanir tous les points de discorde entre le gouvernement et les rebelles. Une prolongation de 48 heures est annoncée ce mercredi 16 mars pour que les groupes armés s’entendent sur qui devrait assister aux négociations.

D’après une source de Tchadinfos, N’Djaména a dépêché à Doha un nouveau groupe de cinq personnes qui semble avoir un mandat pour discuter avec les politico-militaires. Ce groupe aurait des « prérogatives supérieures » à celle du comité spécial dirigée par le ministre des affaires étrangères, Mahamat Zen Cherif.

Du côté des politico-militaires, c’est leur nombre pléthorique de 52 groupes et la présence de « faux rebelles » parmi eux qui continuent de poser problème.

Selon des sources sur place, les 52 groupes politico-militaires se sont divisés en quatre catégories:

  • La première catégorie est constituée de « politico-militaires » fabriqués de toutes pièces et qui font partie du système en place au Tchad. Certains sont même des employés de l’État et des conseillers du chef du Conseil militaire de transition.
  • Quant à la deuxième catégorie, un porte-parole des politico-militaires a expliqué qu’il inclut dans cette catégorie « des mouvements d’opposition qui ont négocié avec le régime et signé des accords avec lui, qui sont actuellement dans les phases finales et prêts à revenir et qui n’ont aucune autre exigence dans les négociations de Doha ».
  • La troisième catégorie est constituée « des tchadiens qui ont passé de nombreuses années en dehors du Tchad et qui veulent rentrer dans leur pays à condition que leur liberté soit garantie ».
  • La quatrième catégorie est composée de « mouvements armés tchadiens qui ont des hommes sur le terrain et qui ont des conditions et des exigences ». Selon Mahamat Chérif Jacko, le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) a quatre conditions préliminaires pour prouver la bonne volonté du gouvernement de transition: cessez-le-feu dans toutes les parties du sol tchadien, libération de tous les prisonniers politiques et prisonniers de guerre, formation de commissions juridiques multipartites neutres pour enquêter sur le sort des disparus de force et assurer la liberté des manifestations pacifiques au Tchad.

Selon certains représentants des politico-militaires à Doha, les « trois premiers groupes ont déjà déterminé leurs positions et n’ont pas leur place dans la délégation de l’opposition ».

En attendant les vrais pourparlers, certains « rebelles » et membres de la délégation du gouvernement du Tchad passent leur temps à faire des selfies dans les couloirs des hôtels et des salles de conférences.

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