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Le « Tchad dispose d’une vraie armée purement nationale », rétorque Idriss Déby à l’ONG Crisis Group

Le « Tchad dispose d’une armée purement nationale », a affirmé le Maréchal Idriss Déby lors d’un échange, ce jeudi 25 février, avec la presse nationale au Palais rose.

« Le ministère de la Défense nationale et celui des Affaires étrangères ont suffisamment développé à l’endroit de ces assertions », a souligné Idriss Déby, en réaction au récent rapport d’International Crisis Group (ICG) qui n’a vraiment pas plu à la dictature tchadienne. « Vous êtes tchadiens, vous connaissez quels sont les membres de cette armée, comment cette armée est gérée », a interpellé Idriss Déby s’adressant aux journalistes tchadiens. Et d’ajouter : « dites tout simplement chapeau. Vraiment, vous avez une vraie armée. Surtout après la réforme que j’ai entrepris en 2011 », a conclu le Maréchal du Tchad qui vient de nommer deux Généraux de son armée dans son gouvernement remanié ce jeudi 25 février 2021. Un nouveau gouvernement qui doit battre sa campagne pour un sixième mandat présidentiel.

Pourtant, de l’opposition politique à la société civile tchadienne, tout le monde critique sévèrement l’armée tchadienne et considère qu’elle est une milice tribale au service de l’homme qui tient notre pays d’une main de fer depuis plus de trois décennies.

Un rapport accablant de l’ICG, publié fin janvier 2021 et intitulé « les défis de l’armée tchadienne », avait mis complétement à nu l’armée tchadienne, connue pourtant d’être la meilleure dans la sous région. « Acteur incontournable de la lutte anti-terroriste au Sahel, l’armée tchadienne est aussi une source d’instabilité potentielle dans son pays, surtout en cas de crise de succession si Idriss Déby devait quitter le pouvoir », a martelé le rapport. Pour l’ICG, « l’armée occupe une place centrale dans la gouvernance du président Déby et lui a permis de s’imposer notamment comme partenaire indispensable des pays occidentaux dans la lutte contre le terrorisme au Sahel ».

Si on enlève l’armée au Tchad, il ne restera plus rien à ce pays d’Afrique centrale, où tous les indicateurs sont au rouge, le Tchad est dernier dans de nombreux classements en ce qui concerne son développement. Comme l’arbre qui cache la forêt, « la cohésion générale de l’armée est minée par des tensions communautaires, une absence de méritocratie et une différence de traitement entre troupes d’élite et autres soldats », souligne le rapport. « Ces tensions, qui reflètent les divisions de la société tchadienne, pourraient mener à des luttes entre factions rivales et plonger le Tchad dans une crise sécuritaire et politique en cas de fin de règne soudaine ou de succession mal préparée du président Déby », prévient l’ICG.

 « Dans ce but, les autorités tchadiennes doivent répondre aux mécontentements au sein de l’armée, diversifier et rendre plus transparents les processus de recrutement, permettre un débat public sur l’armée et lutter contre l’impunité de certains officiers. Enfin, des garde-fous doivent être soutenus par les partenaires du Tchad pour décourager d’éventuelles violences en cas de vacance du pouvoir », a conseillé l’ICG en conclusion.

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