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La présidence centrafricaine rejette des accusations de complicité avec le chef rebelle tchadien Timan Erdimi

Par un communiqué, la présidence centrafricaine lève l’équivoque sur une manœuvre de déstabilisation planifiée contre le régime tchadien de transition dont Bangui est accusé de complicité.

Dans un document sonore authentifié par plusieurs sources sur les réseaux sociaux, le leader du mouvement Union des Forces et de la Résistance (UFR), Timan Erdimi s’entretien avec un ministre conseiller spécial du président centrafricain, Aboulkhassim Algoni Tidjani. On entend le chef rebelle tchadien faire part de sa volonté de convaincre le groupe paramilitaire russe Wagner, très actif en Centrafrique où il intervient aux côtés du gouvernement de ce pays, de l’aider à « chasser Mahamat Kaka ».  « Il faut qu’il nous aide pour chasser Mahamat Kaka et la France, et nous allons ramener les Russes pour le placer au Tchad, et en Afrique centrale, il n’y aura qu’eux, celui qui aura acquis le Tchad là, aura le contrôle de toute l’Afrique centrale et de la bande sahélo-sahélienne », aurait dit Timan Erdimi selon une transcription du document sonore.

Ce mercredi après-midi, des membres du Conseil National de Transition (parlement nommé par la junte militaire) ont pris à partie le ministre tchadien des Affaires étrangères, demandant à ce que l’ambassadeur de la Centrafrique vienne s’expliquer sur les liens entre Bangui et Timan Erdimi.

Selon la radio RFI, les autorités tchadiennes ont demandé des explications à leurs homologues centrafricaines du fait de l’implication de sieur Aboulkhassim Algoni Tidjani, présenté comme un Conseiller proche du président Faustin Archange Touadéra.  « Cette affaire ne saurait être interprétée comme un simple calcul d’un homme politique mais il y a bien des connivences entre des proches conseillers et des proches membres du gouvernement Touadéra et Timan Erdimi. On donne au gouvernement centrafricain le bénéfice du doute [mais] il est incontestable que les autorités centrafricaines doivent des explications au gouvernement tchadien », a déclaré à RFI le Porte-parole du gouvernement tchadien Abderaman Koulamallah.

M. Timan Erdimi, sollicité par téléphone par l’AFP, a refusé de commenter, assurant d’abord vouloir « consulter » l’état-major de l’UFR.

Dans un communiqué, la Présidence centrafricaine fait une mise au point :

« Suite à la dénonciation de l’accord de paix par le MPC, son adhésion à nébuleuse coalition des patriotes pour le changement, et la tentative manquée du coup d’Etat du 13 janvier 2021, le président de la République Chef de l’Etat a limogé Aboulkhassim Algoni Tidjani Anour, le 19 février 2021. La Présidence de la République tient à rappeler que monsieur Aboulkhassim Algoni Tidjani est le coordonnateur politique du MPC dont le leader, Monsieur Alkhatim Mahamat se trouve, ainsi que les autres leaders de la rébellion CPC, à Ndjamena, au Tchad », précise le communiqué de la présidence centrafricaine.

Par ailleurs, Bangui lance en d’autres termes un pic à la junte militaire tchadienne qui héberge des chefs rebelles centrafricains sur le territoire tchadien.

« La Présidence de la République tient également à rassurer l’opinion nationale et internationale que la République centrafricaine, respectueuse de ses obligations internationales et des relations de bon voisinage, n’a jamais servi de base arrière ni de refuge aux leaders des groupes rebelles ou terroristes qui tenteraient de déstabiliser l’un de ses pays voisins », lit-on dans le communiqué.

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