La pauvreté et la vulnérabilité sont omniprésentes au Tchad, selon la Banque mondiale

La situation économique au Tchad s’est améliorée, mais reste fragile. Toutefois, les fluctuations des prix du pétrole, l’insécurité et la vulnérabilité du secteur bancaire font peser des risques à la baisse sur les perspectives, prévient la Banque mondiale dans un rapport publié lundi.

Selon le bilan économique fait par la Banque mondiale, l’économie tchadienne s’est redressée en 2018, après deux années de profonde récession. La croissance devrait revenir à environ 3,1 % grâce à la hausse des prix du pétrole, de la production pétrolière et de la production agricole.

L’État poursuit ses efforts d’assainissement budgétaire en mobilisant les recettes et en limitant les dépenses récurrentes. Les recettes totales sont passées de 13,4% du PIB en 2017 à 15,4% en 2018 grâce à l’augmentation des recettes pétrolières.

« Par conséquent, la dette publique a retrouvé une trajectoire viable caractérisée par un ratio nettement inférieur du service de la dette par rapport aux recettes. Néanmoins, le risque de surendettement extérieur reste élevé », a prévenu Jose Lopez-Calix, responsable régional des programmes macroéconomiques de la Banque mondiale.

« La pauvreté et la vulnérabilité sont omniprésentes au Tchad », a indiqué M. Lopez-Calix, s’appuyant sur des données de la dernière enquête nationale auprès des ménages en 2011, selon lesquelles 29 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté alimentaire, 47 % en dessous du seuil de pauvreté total et 68 % sont jugés vulnérables.

Les exportations de pétrole resteront un moteur essentiel de la croissance du PIB réel à moyen terme, explique le rapport.

Selon la Banque mondiale, l’État tchadien devrait rationaliser davantage les dépenses courantes tout en améliorant ses efforts de mobilisation des recettes pétrolières et non pétrolières.

« La reprise économique du Tchad reste fragile et soumise à des risques importants. La volatilité des prix du pétrole fait peser des risques à la hausse et à la baisse sur l’économie, même si le mécanisme d’affectation des flux monétaires excédentaires avec Glencore atténue l’incidence budgétaire de cette volatilité », a tempéré Soukeyna Kane, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, le Niger, le Tchad et la Guinée.

Elle a expliqué que les conflits régionaux peuvent étirer les finances publiques tout en perturbant les exportations non pétrolières. Une nouvelle baisse de la liquidité bancaire et la possibilité d’arriérés intérieurs supplémentaires accroissent la vulnérabilité du secteur financier et pourraient compromettre le refinancement de la dette publique intérieure.

Enfin, une hausse potentielle de la masse salariale et de l’encours total de la dette pourrait réduire l’espace budgétaire et créer un déficit budgétaire à moyen terme. « Pour atténuer ces risques, le Tchad doit investir ses recettes exceptionnelles dans des secteurs clés tels que les infrastructures, l’éducation et la santé. En outre, la diversification économique sera nécessaire pour favoriser la résilience et une croissance durable », a conclu Mme Kane.

TchadConvergence avec l’gence de presse Xinhua

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