Après la démission d’Abdelaziz Bouteflika, les algériens réclament le départ du « système »

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La joie passée, les Algériens n’entendent pas baisser la garde et veulent désormais obtenir le départ de tout le « système » au pouvoir.

Très affaibli depuis un AVC en 2013, mais qui entendait encore briguer un cinquième mandat en février, Abdelaziz Bouteflika a finalement remis sa lettre de démission mardi soir au Conseil constitutionnel, selon des images diffusées par la télévision nationale. On l’y voit visiblement fatigué, vêtu d’une gandoura (tunique nord-africaine) beige et assis dans un fauteuil roulant, remettant cette lettre, placée dans une chemise aux armes de la présidence, au président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaïz, visiblement peu à l’aise.

Cette décision « est destinée à contribuer à l’apaisement des cœurs et des esprits de mes compatriotes, pour leur permettre de projeter ensemble l’Algérie vers l’avenir meilleur auquel ils aspirent légitimement », explique le chef de l’État dans le document.

Défilé dans les rues d’Alger

Est également présent dans la pièce d’un endroit non précisé le président du Conseil de la Nation (chambre haute), Abdelkader Bensalah, 77 ans, pur produit du régime, chargé par la Constitution d’assurer l’intérim durant une période maximale de 90 jours au cours de laquelle une présidentielle doit être organisée.

À Alger, un concert de klaxons a accueilli la nouvelle et des Algérois, munis du désormais indispensable drapeau algérien, se sont rassemblés sur le parvis de la Grande poste, bâtiment emblématique du centre de la capitale, avant de défiler joyeusement dans les rues alentour.Depuis plus d’un mois, des millions de manifestants à travers l’Algérie réclamaient dans le calme le départ d’Abdelaziz Bouteflika, mais aussi celui de son entourage et plus largement du « système » au pouvoir.

« Pas dupes »

La plupart des Algérois interrogés ont répété leur détermination à continuer de manifester malgré cette démission, refusant la transition prévue par la Constitution qui laisse aux commandes les acteurs du « système ». Comme Yacine Saidani, ingénieur de 40 ans, beaucoup se disaient « contents mais pas dupes ». « La vigilance est de rigueur. On apprécie le moment, mais on n’oublie pas l’essentiel. Le système et ses tentacules mafieuses doivent dégager. Donc les marches continueront », assure Fadhéla Amara, 69 ans, son petit-fils de 10 ans à la main.

Certains ont rendu hommage au chef de l’État, mais regretté son acharnement à s’accrocher au pouvoir, qu’ils ont souvent attribué à son frère et principal conseiller, Saïd. « Bouteflika a travaillé, j’ai voté pour lui au début, mais il n’a pas su partir la tête haute », a déploré Bilan Brahim, 40 ans, cadre au chômage. Pour Fatma Zohra, 65 ans, infirmière à la retraite, qui compte « marcher jusqu’au départ de la clique », Bouteflika « aurait pu partir avec les honneurs, mais son frère l’a fait sortir par la petite porte de l’Histoire ».

Confrontée à des manifestations massives chaque vendredi depuis le 22 février, la présidence s’était résolue lundi à annoncer dans un communiqué que Abdelaziz Bouteflika démissionnerait avant l’expiration de son mandat, le 28 avril, après avoir pris des « mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l’État durant la période de transition ».

TchadConvergence avec sudouest.fr

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