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Ahmat Ebidami: « Arrêtons de regarder les villageois tchadiens d’un œil méprisant ! »

Devant des chameaux et en habits traditionnels, un comédien s’est mis en scène la semaine dernière dans un clip pour défendre les habitants des villages tchadiens. Une parodie destinée aux « Djiddos », les habitants des villes, qui selon lui méprisent trop souvent les éleveurs.

Le clip est basé sur la très célèbre musique « Still Dre » de Dr. Dre et a été baptisé « Still Goukouni » par le comédien tchadien Ahmat Ebidami. Derrière son turban et ses ray-ban, le chanteur fait s’en prend aux habitants des villes, « les Djiddos », qui selon lui « ne connaissent rien de la vie au village » et méprisent facilement les Tchadiens des campagnes.

Retrouvez son rap en arabe tchadien sous-titré en français :

Mon personnage s’appelle « Goukouni » c’est un nom typiquement toubou, je l’ai choisi parce que les Toubous sont une communauté qui dépend principalement de l’élevage, et que c’est là une caractéristique majeure des « villageois » tchadiens. J’ai voulu me mettre dans la peau d’un villageois pour transmettre ce message, alors que je suis moi-même un vrai Djiddo, un vrai citadin ! Beaucoup d’internautes ont cru que j’étais réellement éleveur et que j’avais décidé de « clasher » les habitants des villes et leur mépris !

En réalité, je n’ai jamais vraiment visité les villages tchadiens. Mais je n’aime pas du tout qu’on se moque des gens de la campagne. Car ici, traiter quelqu’un de « villageois », c’est synonyme de quelqu’un qui n’est pas bien habillé, conduit mal une voiture, ou ne sait pas trop utiliser un smartphone… c’est une moquerie qui fait référence à la culture différente des gens vivant à la campagne, au fait que nombre d’entre eux sont leur analphabètes…

Le but principal de ce clip, c’est de sensibiliser les jeunes pour qu’ils arrêtent de regarder les villageois d’un œil méprisant et de leur montrer que, malgré leurs conditions de vie difficiles, ils ont de quoi être fiers. Si ce clip a bien marché (près de 30 000 vues sur Facebook, NDLR], je pense que c’est parce que beaucoup de villageois auraient envie de dire la même chose. Et je suis assez heureux, car mon premier public, c’est mon père : il est villageois, n’écoute jamais de rap, mais il écoute ma chanson en boucle !

Ahmat Ebidami n’en est pas à son premier détournement en musique : il avait déjà parodié le tube « Papaoutai » de Stromaé pour dénoncer les problèmes d’électricité au Tchad ou une chanson du rappeur 50 Cent pour aborder les problèmes de chômage.

Source: observers.france24.com

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