Accusé de diffamation, le célèbre blogueur tchadien Makaila Nguebla mis en examen à Paris

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Le célèbre blogueur et opposant tchadien Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain pour avoir diffusé le 10 novembre 2017 sur son Blog, l’article: « Tchad: le décrété gouverneur Abbas Tolli », a appris TchadConvergence des sources à Paris.

Selon un communiqué publié sur son Blog makaila.fr, Makaila Nguebla précise que l’article envoyé par un contributeur révèle « les pratiques de favoritisme récurrent au Tchad. Il impute à M.Abbas Mahamat Tolli d’avoir  placé des personnes dans des postes à responsabilité lorsqu’il était successivement, ministre des finances, directeur des douanes, directeur de cabinet à la présidence et d’autres postes à responsabilités qu’il avait occupée dans la sphère de l’Etat au Tchad. Cette publication sur notre site suivie d’un droit de réponse pourtant envoyé par l’entourage du gouverneur, n’a pas suffi pour calmer la colère de ce dernier.  Il a saisi un cabinet d’avocat parisien pour demander le retrait dudit article incriminé. L’article en question ainsi que le droit de réponse ont été retirés du site, mais à la surprise générale, le cabinet d’avocat agissant pour le compte de M.Abbas Mahamat Tolli, a porté plainte devant la juridiction française contre notre site sur la base des propos jugés « diffamatoires » à l’encontre de leur client ».

Le 16 novembre 2018, la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de Paris a adressé une convocation à Makaila Nguebla pour être auditionné en qualité de suspect.

Le 03 juin 2019, Makaila Nguebla a été de nouveau convoqué, cette fois-ci, par le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris pour les mêmes faits.

Le 08 août 2019, par le biais d’un huissier, le TGI de Paris le convoque pour le 17 septembre 2019.

Au Tchad, la Convention Tchadienne de Défense des Droits de l’Homme (CTDDH) a appris « avec consternation, le harcèlement judiciaire dont fait l’objet en France le blogueur et journaliste en ligne le camarade Makaila Nguebla exilé politique en France depuis quelques années déjà ». « La CTDDH condamne ces actes arbitraires et apporte un soutien militant au camarade Makaila Nguebla ; elle estime par ailleurs et tout en étant solidaire de lui qu’il fait partie des journalistes à l’avant garde du combat contre l’arbitraire ,l’injustice et les méthodes mafieuses érigées en système de gouvernance au Tchad », a conclu le communiqué signé par Mahamat Nour Ahmed Ibedou. 

N’ayant ni le nom, ni les coordonnées du Cabinet d’avocats, TchadConvergence n’a pas pu entrer en contact avec les avocats conseils d’Abbas Mahamat Tolli, actuel gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et neveu du Président Idriss Déby.

En 2005, expulsé de la Tunisie, Makaila Nguebla trouve refuge au Sénégal. Sous le règne d’Abdoulaye Wade, il y reconstruit sa vie, même si jamais il n’obtient le statut de réfugié politique auquel il aspire. Mais, en 2012, la pression s’accentue : « J’ai été convoqué une première fois par la DST, qui m’a interrogé sur mon statut administratif, mon parcours, mes fréquentations».

Le 6 mai 2013, l’ancien ministre tchadien de la Justice, Me Jean-Bernard Padaré arrive en visite à Dakar pour parler «coopération judiciaire» sur fond du procès de l’ancien Président tchadien Hissein Habré. «On m’a fait comprendre que mon cas serait sans doute évoqué en haut lieu», a relaté le blogueur, dont les critiques à l’égard du régime tchadien ne s’embarrassent pas de nuances. Dès le lendemain, Makaila Nguebla est expulsé vers la Guinée, puis gagne la France, où il a obtenu depuis lors le statut de réfugié politique.

TchadConvergence

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