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A force de donner un soutien largement inconditionnel au dictateur Idriss Déby, les alliés du Tchad risquent « d’encourager l’instabilité » du pays

(AP Photo/Michel Euler, Pool).

Les puissances alliées du Tchad, comme la France ou les États-Unis, qui s’appuient sur le pays pour lutter contre le jihadisme en Afrique, risquent « d’encourager l’instabilité politique et la violence » en soutenant le régime tchadien, estime un rapport d’un centre américain de recherches.

« Aujourd’hui, grâce à la capacité militaire du Tchad, la France et les États-Unis considèrent Idriss Déby (le président tchadien, ndlr) comme un allié crucial », mais ils risquent « d’encourager l’instabilité politique et la violence qu’ils veulent pourtant freiner », selon cette étude de l’United States Institute of Peace (USIP) transmise mercredi soir à l’AFP.

« Les alliés du Tchad doivent être conscients que soutenir un dirigeant autoritaire qui s’est maintenu au pouvoir pendant vingt-sept ans grâce à des élections truquées, à la cooptation et à la répression des opposants politiques peut s’avérer une stratégie risquée et peu viable », estiment les chercheurs Marielle Debos et Jérôme Tubiana, auteurs de ce rapport

« Plutôt que de donner un soutien largement inconditionnel à un régime vieillissant, les soutiens internationaux devraient y décourager la répression de la la contestation et y encourager la négociation d’une transition inclusive », recommande le rapport.

Un mécontentement social non armé a été visible ces dernières années, mais « l’ampleur de ces manifestations a été limitée par le harcèlement et l’intimidation du gouvernement », ajoute-t-il.

Le Tchad connaît également des menaces sécuritaires à ses frontières libyenne et soudanaise, où s’agitent depuis longtemps des mouvements rebelles. « À première vue, le Tchad semble moins vulnérable qu’il ne l’était dans les années 2000, mais il serait prématuré de conclure que la guerre appartient au passé », selon les chercheurs.

Le Tchad est aussi durement touché par une crise économique « dont les origines sont à trouver dans la mauvaise gouvernance autant que dans la chute des cours du pétrole », observe le même rapport. Cette crise touche gravement les populations pauvres ainsi que les plus de 500.000 réfugiés et déplacés du pays.

« On en demande beaucoup au Tchad au niveau militaire, bien que les capacités de son armée restent limitées et qu’elle doive maintenant faire face à des menaces à toutes ses frontières”, estime Jérôme Tubiana contacté par l’AFP.

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