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Fév 19

Tchad: « zone militaire », « barrières militaires », … la région du Grand Nord mise en quarantaine économique pour une exploitation privée de l’or de Miski

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Nous alertons l’opinion nationale et internationale sur une grave situation qui prévaut sur une partie du pays, et dont les conséquences risquent d’aller au-delà de cette région. La région du Tibesti, avec elle tout le BET, est depuis plusieurs semaines dans une situation de crise humanitaire et économique de grande ampleur, cela est la résultante de la mise en quarantaine de la région et sa proclamation dans la foulée en «zone militaire», pour soit disant «lutter contre le terrorisme».

Cependant le farfelu argument de la lutte contre le terrorisme cache un autre agenda inavouable, cette politique d’apartheid s’inscrit dans un vaste programme, étalé en plusieurs étapes pour brouiller les objectifs. La première décision a été la fermeture de la frontière libyenne, ce dernier pays, malgré la crise fournissait 90 % des denrées de première nécessité à la région et était aussi la principale destination des exportations des bétails au nord, essentiellement des camélidés, on imagine l’impact d’une telle décision dans une zone où l’État est quasiment absent et les services publics de base, à savoir les hôpitaux et les écoles, n’existent que de nom.

Cette situation sciemment entretenu à un haut niveau de l’État a conduit aujourd’hui à une crise humanitaire : Pénurie des denrées de premières nécessités sur les principaux marchés du Tibesti; une paralysie des activités économiques transfrontalières; une crise sanitaire du fait de l’arrêt des évacuations sanitaires pour les malades, aussi ironique et tragique que cela puisse paraître, c’est vers la Libye en guerre que les populations de ces zones partent se soigner et enfin dernière conséquence et non de moindre des tensions sociales des jeunes et moins jeunes exaspérés et au fait de l’agenda cynique qui se réarment pour s’attendre au pire.

Nous avons eu échos ces derniers jours, et cela aussi s’inscrit dans ce programme machiavélique, de l’installation de «barrières» militaires, non pas à la frontières mais entre les différentes villes du Tibesti, où des officiers affamés, analphabètes et mal payés extorquent et humilient les paisibles citoyens, du jamais vu dans un pays en «paix» soit disant «chèrement acquise». Cela a pour objectif de démoraliser la population et de la pousser dans ses derniers retranchements. Un cacique du régime, qui s’était autoproclamé «spécialité des Toubous», aurait lâché en petit comité ces mots qui en disent long sur leur stratégie : «Nous allons les faire craquer, les diviser et les mettre devant le fait accompli», le «spécialiste», qui ignore l’histoire, se trompe dangereusement, au moment où nous rédigeons ces lignes la tension serait à son comble et plusieurs groupes de jeunes auraient déjà rejoint le maquis à bout et ulcéré par cette situation d’humiliation permanente.

Tout cela s’inscrit dans une logique de neutralisation de la région et sa population et d’imposer une exploitation anarchique de l’or par des individus sans foi ni loi, principalement dans la région de Miski, où d’immense gisement ont été récemment découvert. Une première tentative avait eu lieu début 2016, des individus proches du régime, munis de «permis d’exploitation» débarquèrent et cela armée jusqu’à la dent, avec dans leurs bagages des dizaines de barils de produits toxiques. Refus catégorique de la population face à ces énergumènes qui risquent de créer une catastrophe environnementale sur les hommes et les bétails, ces derniers étant, dans la zone de Miski, l’unique source de revenu. Une commission de sage a été dans la foulée mise en place, les différents points de ses délibérations furent les suivantes:

1- La commission des sages est apolitique;

2- La population du Tibesti, et du BET sont des Tchadiens, et dans ce cadre, ils ne se sont jamais déclarés contre l’exploitation de l’or par l’État Tchadien, cela dans les normes environnementales et juridiques appropriés;

3- Elle exige à être associé, comme partout, à Doba ou à Djarmaya, à toutes les phases de l’exploration et de l’exploitation;

4- Que l’État mette fin à l’orpaillage anarchique et puisse trouver un cadre légal et décent à l’orpaillage traditionnel.

En fin de compte, des individus mal intentionnés ont détourné les propos des sages et ont transmis d’autres conclusions au président de la République, et le président par ignorance ou à dessein dans la foulée a accepté la stratégie de la confrontation. Cette dernière risque de mettre le feu au poudre, actuellement la région est comme un volcan en ébullition. L’idée d’un soulèvement armée n’est plus à écarter. Tous les ingrédients y sont réunis: Tension sociale, économique et surtout tension de leadership. Je ferais un direct demain soir, après concertation avec les jeunes sur le terrain, pour vous éclairer davantage.

Churchill a dit jour ces mots restés dans la postérité: «Ceux qui oublient l’histoire risque de répéter les mêmes erreurs tragiques du passé», cette fois vous n’avez pas à faire à des politiciens professionnels que vous pouvez «racheter» ou «rallier» à votre guise, vous aurez à faire à des jeunes, qui sont prêt à tout: le pire comme le meilleur.

Nancy, le 18 février 2017
Charfadine Galmaye Salimi, Président du Comité de Réflexion des Jeunes sur la crise au Tibesti

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