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Vers une nouvelle révision de la constitution du Tchad pour permettre au Maréchal-Président Idriss Déby d’ajuster à sa guise son régime

À peine instaurée, la IVe République cédera-t-elle la place à une Ve République ? Un second « Forum national inclusif » est annoncé pour réajuster la Constitution du 4 mai 2018. En effet, deux ans après la tenue du premier « Forum national inclusif » boycotté par les principaux partis d’opposition et la société civile, les conclusions de ses assises continuent de diviser la société tchadienne. À l’instar du premier, le second Forum, annoncé pour se tenir du 29 octobre au 3 novembre, sera certainement une nouvelle rencontre d’échanges entre les caciques du Mouvement Patriotique pour le Salut (MPS), afin de donner à l’homme qui tient le Tchad d’une main de fer depuis trois décennies des nouveaux moyens pour ajuster son régime.

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Si les sujets qui seront débattus n’ont pas encore été dévoilés officiellement, ce nouveau Forum servira certainement à réorganiser le régime actuel afin de perpétuer le pouvoir sans partage du Maréchal-Président Idriss Déby.

Parmi les sujets qui pourraient faire l’objet de cette nouvelle assise du MPS, les observateurs politiques citent les trois principaux sujets de discorde du premier Forum.

Serment confessionnel

Ce nouvel instrument avec toutes ses ambiguïtés et ses aspects discriminatoires n’avait pas pu mettre fin aux détournements des deniers publics. Il n’a que fait que violer le caractère laïc de la République et exacerber le fossé entre les Tchadiens. Malgré le serment, la prédation et la prévarication se sont aggravées au sein de l’administration publique. Seule une justice exemplaire peut châtier les voleurs de la République et en dissuader d’autres.

Âge minimum requis pour être candidat à l’élection présidentielle

Lors du Forum de mars 2018, il a été débattu et fixé l’âge à 35 ans, c’est ce qui a même été inscrit noir sur blanc dans le rapport final du Haut comité chargé des reformes institutionnelles. Curieusement, dans le projet de nouvelle loi fondamentale adopté par les députés, cet âge a été relevé à 45 ans. Les pressions étrangères n’ont pas cessé depuis, et l’exécutif se voit visiblement contraint de faire sauter ce verrou. S’il est permis de nommer des ministres âgés de 29 ans, il est incompréhensible d’empêcher d’autres jeunes de briguer un mandat présidentiel.

Rétablissement de la primature ou création d’un poste vice-Président

Il est un secret de polichinelle que l’un des mobiles inavoués de la tenue du premier Forum était de se débarrasser d’un Pahimi Padacké Albert, devenu encombrant à la tête du gouvernement de l’époque. Le Premier ministre Pahimi Padaké Albert aurait refusé de céder sa place malgré des tentatives d’intimidation. Selon une information donnée à l’époque par le Député Ngarlejy Yorongar, « l’armée aurait même encerclée la Primature pour contraindre le locataire à démissionner de force ».

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Le poste a été ainsi supprimé, le président s’est vu remettre l’intégralité du pouvoir exécutif. Le Maréchal est à la fois président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement, ministre de la Défense, … Mais avec le poids de la charge, le dictateur tchadien ne pouvait plus assumer tout seul toutes les responsabilités. Dans la pratique, c’est un autre Payimi (Kalzeubé Deubet, lui aussi ancien premier ministre, lui aussi Moundang comme l’autre) qui a été nommé Secrétaire général de la présidence pour jouer un rôle de chef du gouvernement. Mais, la mayonnaise n’a pas pris.

Si le poste de Premier ministre ne sera pas réinstauré, il est fort probable que le Maréchal Déby crée celui de vice-président. C’est son rêve de mettre en selle un de ses fils afin de perpétuer son royaume. Il pourra, cette fois-ci, devenir réalité. Ce 25 septembre, Abdelkérim Idriss Déby, le fils le plus en vue actuellement et Directeur de cabinet adjoint de son père, a été nommé président d’honneur du RJ/MPS, mouvement de la jeunesse du MPS. C’est pour le préparer à devenir le futur vice-président ? Rien n’est impossible au Tchad. Selon la Constitution du 4 mai 2018, le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Ayant remis les compteurs à zéro, le Maréchal Déby pourra encore se représenter deux fois.

Des révisions à répétition de la constitution, qui ont débuté en 2005, créent une instabilité institutionnelle qui, à son tour, crée une instabilité économique, qui freine le développement du pays. Il est temps de songer à encrer des institutions fortes et pérennes.

Avec Tchadinfos

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