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Au Tchad, un capitaine arrêté pour avoir appelé l’armée au soulèvement contre le régime du Maréchal Idriss Déby

Un capitaine de l’armée tchadienne a été arrêté, le 27 septembre dernier, à la garnison militaire du groupement anti-terroriste puis transféré dans les locaux de l’Agence Nationale de Sécurité (ANS) pour avoir critiqué le régime du Maréchal-Président Idriss Déby sur les réseaux sociaux, a-t-on appris.

Selon le journal Alwihdainfo, il s’agit du Capitaine Nassour Saleh Adam, Conseiller du 3e régiment du groupement anti-terroriste (PSI).

« Nous continuons à servir le régime du président Idriss Déby Itno depuis 30 ans. Il se montre  pratiquement injuste à notre égard. Nous (militaires) continuons à nous sacrifier à cause de lui à l’extérieur du Tchad sans avoir nos droits. Il nous a relevé de nos fonctions et puis remplacés par des intrus. Qu’attendons-nous faire ? Pourquoi ne pas organiser un soulèvement militaire pour déposer ce régime ? Si vous voulez une personne qui va prendre les reines du pouvoir, on mettra Timane Erdimi. Si vous estimez que Timane Erdimi est Touba (Biliala) on peut le remplacer par une autre personne qui pourra bien présider aux destinées du Tchad. Les militaires, pourquoi nous ne devrions pas changer Idriss Déby Itno. Nous, les militaires, nous souffrons et nous sommes dans la galère. Même le peuple Tchadien souffre de cette mauvaise gouvernance entretenue par le Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno depuis presque trois décennies ».

Avait posté le capitaine Nassour Saleh Adam dans un groupe WhatsApp en Zakhawa, langue du clan du dictateur tchadien.

Le capitaine Nassour Saleh Adam avait aussi critiqué la mauvaise répartition de la richesse et l’usurpation de certaines prérogatives par la Fondation Grand Cœur de la Première Dame Hinda Déby.

 « Idriss Deby a complètement détruit le Tchad pendant que nos provinces croupissent dans la misère. Les militaires qui meurent à cause du Tchad, les familles de militaires endeuillées sont abandonnées à leur triste sort ».

A poursuivi l’officier de l’armée tchadienne Nassour Saleh Adam.

La mauvaise gouvernance, les détournements des deniers publics et les injustices criardes au sein de l’armée tchadienne poussent les citoyens à sortir de leur devoir de réserve et à se révolter.

Il faut rappeler que, dans un enregistrement vidéo posté sur Facebook en mai 2020, l’ancien ministre des Mines et de l’Énergie et conseiller à la Présidence de la République, Yaya Dillo Djerou avait aussi demandé au Président Idriss Déby d’écarter son épouse Hinda Déby et sa Fondation Grand Cœur (FGC) de la gestion de l’épidémie du coronavirus au Tchad.

A Lire:

Au Tchad, un ancien ministre demande au Président Déby d’écarter son épouse Hinda Déby et sa fameuse fondation du Corona business

Yaya Dillo avait notamment dénoncé la convention « opaque » signé le 16 avril dernier entre la Cellule de de veille et de sécurité sanitaire et la Fondation Grand Cœur de la Première Dame Hinda Déby. Des conséquences directes sont tombées aussitôt après cette sortie de Yaya Dillo Djerou sur les réseaux sociaux.

Première conséquence:

Une plainte pénale a été déposée contre l’ancien ministre Yaya Dillo auprès du parquet d’instance de N’Djaména par un collectif d’avocats pour« diffamation et injures à l’endroit de Madame Hinda Deby Itno et la Fondation Grand Coeur (FGC) »

Deuxième conséquence:

A l’époque, Yaya Dillo Djerou était le représentant de la Commission Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) au Tchad. Il a été suspendu de ses fonctions par le président de cette institution, Pr Daniel Ona Ondo pour« manque de neutralité et violation du droit de réserve ». Selon plusieurs observateurs, N’Djaména aurait fait des pressions politiques sur l’institution sous régionale pour obtenir la suspension de Yaya Dillo, qui aurait brandi son immunité diplomatique contre la plainte de la Première Dame et sa fondation.

A lire aussi:


Hinda Déby Itno contre Yaya Dillo Djerou: une affaire de Déby contre Déby au Tchad.

À l’Assemblée nationale aussi, plusieurs Députés se sont interrogés à l’époque sur le contenu précis de cette convention et avaient demandé que des éclaircissements soient apportés au peuple, en estimant qu’il ne s’agit pas d’un « secret d’état ».

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